RDC : la crise humanitaire s’aggrave sur fond de conflits, de déplacements et de résurgence d’Ebola
La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante en République démocratique du Congo, où les conflits armés, les déplacements de populations, l’insécurité alimentaire et la résurgence de l’épidémie d’Ebola se conjuguent, mettant à rude épreuve les capacités d’intervention humanitaire.
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, James Swan, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, a alerté sur l’ampleur de la crise et ses conséquences pour les populations civiles, en particulier les femmes et les enfants.
Selon les données présentées lors de cette réunion, environ 26,5 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire, tandis que 6,1 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. James Swan a également souligné que les violations des droits humains surviennent dans un contexte où plusieurs crises se superposent.
« Ces violations se produisent dans un contexte humanitaire où se conjuguent les conflits, les déplacements de population, l’insécurité alimentaire et l’épidémie du virus Ebola », a-t-il déclaré, selon les éléments rapportés à l’issue de la session.
Une crise qui dépasse le seul cadre sécuritaire
Dans l’est du pays, la poursuite des affrontements continue de provoquer de nouveaux déplacements et de perturber l’accès aux services essentiels. En Ituri, plus de 3 100 civils ont récemment cherché refuge auprès d’une base temporaire de la MONUSCO à Rhoo, dans le territoire de Djugu, après de nouveaux affrontements entre groupes armés.
À Beni, James Swan avait déjà alerté, quelques jours avant la réunion du Conseil de sécurité, sur les attaques répétées attribuées aux ADF et leurs conséquences sur les populations civiles. Entre janvier et septembre 2026, près de 4 900 patrouilles conjointes MONUSCO-FARDC avaient été menées dans la région de Beni, selon la MONUSCO.
La crise sanitaire vient s'ajouter à cette situation. La résurgence d'Ebola intervient dans des zones où les systèmes de santé sont déjà fortement sollicités par les déplacements et l'insécurité. Les Nations unies ont récemment appelé à garantir un accès humanitaire permettant aux équipes de santé et aux organisations d'aide de poursuivre leurs opérations malgré les violences.
Un financement humanitaire sous pression
Face à l'augmentation des besoins, les acteurs humanitaires ont révisé leur plan d'intervention pour concentrer les ressources disponibles sur les populations les plus vulnérables.
Le financement demeure toutefois une préoccupation majeure. Lors de son intervention au Conseil de sécurité, James Swan a indiqué que le plan de réponse humanitaire de 2026 n'était financé qu'à environ 50 %, alors que les besoins restent considérables.
Cette situation intervient après une forte baisse des financements humanitaires observée en 2025. Lors du lancement du plan humanitaire 2026, les Nations unies avaient indiqué que le plan de 2025 n'avait été financé qu'à hauteur de 24 %, contre 54 % en 2024. Cette contraction avait déjà affecté l'accès aux soins, à la nutrition, à l'aide alimentaire et aux services de protection.
Les efforts diplomatiques face à une réalité humanitaire persistante
Sur le plan diplomatique, les processus engagés à Washington et à Doha continuent de chercher à réduire les violences dans l'est de la RDC. La MONUSCO participe notamment au suivi et à la vérification du cessez-le-feu ainsi qu'aux efforts visant à créer les conditions d'une paix durable.
Mais pour les populations affectées, les effets de la crise restent immédiats : déplacements, perte des moyens de subsistance, difficultés d'accès aux soins et à l'alimentation et exposition accrue aux violations des droits humains.
James Swan a ainsi appelé les acteurs congolais à poursuivre leur engagement dans les processus de paix et à traduire les engagements diplomatiques en progrès concrets pour les populations.
Alors que les besoins humanitaires continuent d'augmenter, la capacité de la communauté internationale à maintenir et renforcer son soutien financier apparaît comme l'un des enjeux majeurs de la réponse à la crise congolaise.