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Économie

Corridor de Lobito : la RDC franchit une nouvelle étape stratégique avec Mota-Engil et le soutien américain

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-05 20:32:58 4 min de lecture
MINE

Le projet du corridor de Lobito franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo avec la signature du contrat de concession et de la convention de collaboration entre l’État congolais et Mota-Engil, avec le soutien de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). La cérémonie, tenue en présence du président Félix-Antoine Tshisekedi et de son homologue angolais João Lourenço, confirme la portée régionale et stratégique de cette infrastructure.

Le contrat prévoit notamment les études, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures existantes, l’éventuelle extension de la ligne, son exploitation commerciale et sa maintenance. La concession est prévue pour une durée de 30 ans, avant un transfert des infrastructures à l’État congolais conformément aux dispositions contractuelles.

Le corridor doit permettre de relier les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique, offrant ainsi une nouvelle voie d’acheminement vers les marchés internationaux. Au-delà du transport, le projet est présenté comme un levier d’intégration économique et de développement des échanges en Afrique centrale.

Washington a rapidement salué cette avancée. Le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain estime que le corridor de Lobito constitue bien plus qu’une infrastructure de transport. Selon les autorités américaines, il doit contribuer à créer des emplois, améliorer l’accès à l’énergie, renforcer la connectivité de la RDC et sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais essentiels.

« Les États-Unis célèbrent la signature de l’accord de concession pour la portion congolaise du corridor de Lobito entre Mota-Engil, soutenu par la DFC, et le gouvernement de la République démocratique du Congo », a indiqué le Bureau des affaires africaines.

Pour Washington, le projet doit également favoriser de nouveaux investissements américains et alliés en RDC, dans le cadre du partenariat stratégique établi entre les deux pays.

Lors de la signature, Félix Tshisekedi a insisté sur le partage des risques prévu dans le montage contractuel. Selon le chef de l’État, le financement du projet et le risque lié au trafic seront assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine, sans subvention d’exploitation et sans garantie de revenus minimums à la charge de la RDC.

L’État congolais doit, en outre, détenir au moins 10 % dans la société de projet, disposer d’une représentation au sein de ses organes de gouvernance et percevoir une redevance de concession équivalant à 7,5 % du chiffre d’affaires annuel brut.

Cette avancée s’inscrit dans le prolongement du rapprochement entre Kinshasa et Washington, notamment depuis les accords conclus le 4 décembre 2025 dans les domaines économique et sécuritaire. La RDC et les États-Unis avaient alors affiché leur volonté de renforcer leur partenariat autour des investissements, des infrastructures, de la sécurité et des ressources stratégiques.

Mais pour Kinshasa, le véritable défi commence désormais avec la phase d’exécution. La mobilisation des financements, la réhabilitation effective du réseau, la maintenance et la capacité à garantir un trafic commercial rentable seront déterminantes.

L’enjeu sera également de faire du corridor de Lobito autre chose qu’une simple voie d’exportation des minerais congolais. La RDC devra veiller à ce que le projet génère des emplois, stimule la sous-traitance locale, favorise l’industrialisation et contribue à une meilleure intégration des économies régionales.

Le corridor de Lobito se trouve ainsi au croisement de plusieurs intérêts. Pour l’Angola, il renforce la position stratégique du port de Lobito. Pour la RDC et la Zambie, il ouvre une nouvelle route vers l’Atlantique. Pour les États-Unis et leurs alliés, il représente un outil de diversification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques.

Sa réussite dépendra donc autant des infrastructures que de la transparence, de la gouvernance et de la capacité des acteurs à transformer ce projet stratégique en véritable moteur de développement économique pour la RDC et l’ensemble de la région.

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