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Dialogue politique en RDC : Lambert Mende affirme que Tshisekedi multiplie les contacts avec l’opposition

Muberwa Média Mis à jour le 2026-09-06 19:25:39 4 min de lecture
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Le débat autour du dialogue politique en République démocratique du Congo continue de prendre de l’ampleur. Invité de l’édition spéciale de Top Congo FM, vendredi 4 septembre 2026, l’ancien porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila et autorité morale de la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende, a apporté son soutien à la démarche initiée par le président Félix Tshisekedi.

Désormais membre de l’Union sacrée de la nation, la majorité politique qui soutient le chef de l’État, le député national estime que le format proposé pour ces consultations présente une particularité importante : il entend privilégier la recherche de solutions politiques à la confrontation armée.

« Je salue l’originalité des propositions faites, qui tiennent compte de la nécessité de mettre hors jeu la prise d’armes comme moyen de faire valoir une revendication », a déclaré Lambert Mende.

L’ancien ministre considère que certaines revendications exprimées dans le contexte de la crise congolaise peuvent être entendues, mais il juge inacceptable le recours aux armes, particulièrement lorsqu’il s’accompagne, selon lui, d’un rapprochement avec une puissance étrangère.

« On peut comprendre la légitimité des revendications de certains de nos compatriotes. Cependant, le fait de prendre les armes, et surtout de se ranger du côté d’un envahisseur étranger qui n’a rien à voir avec nos problèmes domestiques, constitue une ligne rouge qu’il ne peut plus être permis à un Congolais de franchir », a-t-il martelé.

Des contacts avec plusieurs figures de l’opposition

Lambert Mende a également affirmé que les consultations engagées par le président Tshisekedi ne se limiteraient pas à Martin Fayulu, figure majeure de l’opposition congolaise.

« Monsieur Fayulu n’est pas le seul à avoir rencontré le président. Je ne veux pas vendre la mèche ici, mais le président entretient de nombreux contacts avec ses compatriotes, y compris ceux de l’opposition. Croyez-moi, il a reçu beaucoup d’entre eux », a-t-il déclaré, sans toutefois révéler l’identité des autres personnalités concernées.

Cette déclaration intervient alors que les initiatives en faveur d’un dialogue national suscitent des réactions contrastées au sein de la classe politique. Pour le pouvoir, ces consultations doivent permettre de rechercher un consensus national face à la crise sécuritaire et institutionnelle. Une partie de l’opposition et de la société civile reste toutefois prudente quant au format, aux participants et aux objectifs réels du processus.

Sécurité et refondation de l’État

Pour Lambert Mende, la priorité du dialogue doit être clairement établie : mettre fin à la crise sécuritaire qui continue d’affecter plusieurs régions du pays et engager une réflexion plus large sur le fonctionnement de l’État.

« Le format du dialogue proposé par le président est à même de permettre aux Congolais de renforcer leur résilience et leur capacité de résistance. Ce dialogue vise d’abord à résoudre la crise sécuritaire. Nous sommes en train de perdre des territoires et il existe une faiblesse de gouvernance que subissent les populations », a-t-il expliqué.

L’élu de la CCU estime également que les populations doivent être associées à cette démarche afin de contribuer à une réforme plus profonde des institutions et de la gouvernance.

« Il est essentiel de les associer pour qu’elles prêtent main-forte à la refondation de l’État que nous voulons concrétiser à travers cette initiative », a-t-il ajouté.

Un appel à l’humilité politique

Dans un contexte marqué par de profondes divisions politiques et par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, Lambert Mende a enfin appelé les responsables politiques à faire preuve d’humilité.

« Je recommande l’humilité. Je suis député, mais je n’ai pas la science infuse. Il existe certainement, au sein de notre population, des idées qui peuvent nous amener à nous remettre en question. C’est primordial », a-t-il conclu.

Les déclarations de Lambert Mende relancent ainsi le débat sur les contours du dialogue voulu par Félix Tshisekedi. Reste désormais à savoir quelles forces politiques seront effectivement associées au processus, quelles garanties seront proposées aux différents participants et surtout si cette initiative pourra déboucher sur un consensus susceptible de répondre à la fois à la crise sécuritaire et aux profondes fractures politiques que connaît la RDC.

Muberwa Athanase

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