RDC : Jean-Pierre Bemba soutient le Dialogue national voulu par Félix Tshisekedi
Kinshasa, 29 août 2026 — L’annonce du lancement prochain d’un Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Alors qu’une partie de l’opposition conteste le format et la méthodologie proposés par le président Félix-Antoine Tshisekedi, le président national du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba Gombo, apporte son soutien à l’initiative présidentielle.
Membre du présidium de l’Union sacrée de la Nation et vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba estime que l’approche défendue par le chef de l’État constitue une nouvelle manière d’aborder le dialogue politique en RDC.
Dans un message publié vendredi 28 août sur son compte X, l’ancien vice-président de la République considère que le projet présidentiel pourrait permettre d’engager une réflexion davantage ancrée dans les réalités locales.
« L’adresse du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, propose une approche innovante du dialogue national. En l’ancrant dans nos 26 provinces, nos territoires et nos communautés, le Chef de l’État ouvre la voie à une réflexion qui part du peuple et des réalités vécues au quotidien. »
Pour le dirigeant du MLC, le futur dialogue ne devrait pas se limiter à une nouvelle concertation entre responsables politiques. Il devrait, selon lui, permettre d’aborder les questions fondamentales auxquelles le pays est confronté, notamment la paix, la cohésion nationale, la sécurité et la souveraineté.
Jean-Pierre Bemba insiste également sur la nécessité d’associer directement les populations au processus. Il estime que les décisions concernant l’avenir de la RDC ne peuvent être élaborées exclusivement dans la capitale.
« Chaque Congolais doit pouvoir prendre part à cette réflexion. Notre avenir ne peut être décidé uniquement dans les bureaux de Kinshasa : il doit se construire avec les Congolais, au plus près de leurs réalités », a-t-il déclaré.
Le président du MLC met par ailleurs en avant le rôle institutionnel du chef de l’État et appelle les différentes composantes de la société congolaise à répondre à son appel au rassemblement.
« Le Président de la République est le garant de la Nation et le premier défenseur des intérêts du peuple. Son appel à nous rassembler autour de ce qui nous unit doit tous nous interpeller », a-t-il ajouté.
Dans un contexte politique marqué par de profondes divergences sur le format, les objectifs et les conditions de participation au futur dialogue, Jean-Pierre Bemba appelle ainsi à placer l’intérêt national au-dessus des calculs politiques.
« Au-delà de nos appartenances politiques et de nos ambitions personnelles, nous avons une responsabilité supérieure : préserver la République, consolider la paix, renforcer notre unité et préparer l’avenir. »
Un dialogue qui divise la classe politique
Le projet de Dialogue national intervient alors que la RDC traverse une crise sécuritaire et politique majeure. Pour les autorités de Kinshasa, une éventuelle concertation nationale doit notamment contribuer à renforcer la cohésion interne et à constituer un front national face à ce que le gouvernement présente comme une agression rwandaise menée avec l’appui de l’AFC/M23.
Dans cette logique, le pouvoir congolais considère que la dimension sécuritaire et militaire de la crise doit continuer à être traitée dans les cadres de Washington et de Doha, tandis que le dialogue national serait consacré aux questions liées à la cohésion nationale, à la paix et à la refondation de l’État.
Cette approche est toutefois rejetée par une partie de l’opposition. Certains acteurs politiques estiment que le pouvoir de Kinshasa étant lui-même partie prenante de la crise, il ne devrait pas pouvoir déterminer seul le format, le calendrier et les modalités d’un processus censé contribuer à sa résolution.
Ces divergences ont notamment été illustrées par les prises de position de plusieurs forces de l’opposition, qui réclament un cadre qu’elles jugent plus consensuel, inclusif et indépendant du pouvoir en place.
Le soutien exprimé par Jean-Pierre Bemba constitue donc un appui politique important pour l’initiative présidentielle, mais il ne met pas fin aux interrogations qui entourent encore le futur processus.
Le débat sur le Dialogue national devrait ainsi occuper une place centrale dans l’agenda politique congolais au cours des prochaines semaines. Entre la volonté du pouvoir de promouvoir un processus national centré sur la cohésion et la refondation de l’État et celle d’une partie de l’opposition de revoir le cadre proposé, les conditions de participation, l’agenda et les garanties d’inclusivité pourraient devenir les principaux points de confrontation politique.