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Politique

Félix Tshisekedi en Israël pour renforcer un partenariat stratégique avec Jérusalem

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-06 13:53:17 5 min de lecture
israel

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, est arrivé lundi en Israël pour une visite de travail consacrée au renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la sécurité, de la défense, de l'agriculture, de l'énergie, des infrastructures et des hautes technologies.

Invité par le président israélien Isaac Herzog, le chef de l'État congolais doit s'entretenir à Jérusalem avec son homologue ainsi qu'avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon la présidence congolaise, les échanges porteront également sur les investissements et les technologies considérées comme prioritaires pour le développement économique et le renforcement de la souveraineté de la RDC.

Félix Tshisekedi doit par ailleurs faire le point sur les mémorandums d'entente signés le 27 juillet par la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. Les autorités congolaises n'ont pas précisé le contenu de ces accords.

Les discussions devraient également aborder les possibilités d'investissements israéliens dans le corridor de Lobito, un projet d'infrastructures destiné à faciliter l'exportation des ressources minières d'Afrique centrale vers la façade atlantique.

Cette visite intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Kinshasa et Jérusalem, marqué par une multiplication des échanges politiques et techniques.

Quelques semaines auparavant, une délégation congolaise conduite par le ministre de l'Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, s'était rendue en Israël afin de préparer un accord de coopération portant sur l'emploi des jeunes, les emplois verts et l'innovation technologique. La mission comprenait notamment des responsables de l'Office national de l'emploi (ONEM), de l'Institut national de préparation professionnelle (INPP) ainsi qu'une équipe d'experts.

Les échanges avaient porté sur le programme présidentiel « Jeune Debout », consacré à l'insertion professionnelle des jeunes, ainsi que sur le Plan national de développement des emplois verts. La délégation avait également visité plusieurs centres israéliens de formation professionnelle afin d'étudier les dispositifs mis en place dans les domaines de la formation, de l'innovation, de l'agriculture durable et de l'économie circulaire.

Selon Ferdinand Massamba wa Massamba, les deux parties ont arrêté les bases d'un accord dont la date de signature reste à déterminer. D'après le compte rendu de cette mission, le ministre israélien du Travail, Yariv Levin, a estimé que la complémentarité entre les technologies israéliennes et les ressources humaines et foncières de la RDC pourrait favoriser le développement de la production agricole, des exportations et de l'emploi.

Le déplacement de Félix Tshisekedi constitue son deuxième voyage officiel en Israël après celui effectué en 2021. Il intervient moins d'un an après la visite de travail d'Isaac Herzog à Kinshasa, en novembre 2025, la première d'un chef de l'État israélien en RDC depuis près de quarante ans.

À cette occasion, les deux dirigeants avaient identifié la sécurité, la défense, l'agriculture, les infrastructures, les hautes technologies et la protection de l'environnement comme principaux axes de coopération. Félix Tshisekedi avait également appelé les entreprises israéliennes à investir en République démocratique du Congo, notamment dans les secteurs minier, énergétique, agricole, éducatif et sanitaire.

La coopération sécuritaire figure également parmi les sujets de dialogue entre les deux pays. Lors de sa visite à Kinshasa, Isaac Herzog avait évoqué la situation dans l'est de la RDC et exprimé son soutien aux efforts de médiation américains dans la crise entre Kinshasa et Kigali. Sans désigner directement le Rwanda, il avait déclaré que les crises africaines devaient retenir l'attention de la communauté internationale au même titre que celles du Moyen-Orient.

Le rapprochement entre les deux pays avait également été confirmé lors d'une rencontre entre Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Selon la présidence congolaise, le Premier ministre israélien s'était alors engagé à ouvrir une ambassade à Kinshasa. En retour, le président congolais avait annoncé son intention de transférer l'ambassade de la RDC de Tel-Aviv à Jérusalem après l'ouverture de la représentation diplomatique israélienne en RDC.

Félix Tshisekedi avait amorcé ce rapprochement dès 2020 en annonçant son intention d'ouvrir une section économique de l'ambassade congolaise à Jérusalem. Cette orientation avait toutefois suscité des réserves au sein de la classe politique congolaise, certains responsables appelant à préserver les équilibres diplomatiques de la RDC au sein de l'Union africaine, où la question du statut d'observateur d'Israël demeure un sujet de division.

Après les attaques du 7 octobre 2023 en Israël, le président congolais avait condamné ce qu'il avait qualifié d'« attaques terroristes », exprimé sa solidarité avec le peuple israélien et réaffirmé l'engagement de la RDC dans la lutte contre le terrorisme. De son côté, la Commission de l'Union africaine avait appelé à la cessation des hostilités et réaffirmé son soutien à une solution fondée sur l'existence de deux États, garantissant au peuple palestinien un État indépendant et souverain.

La visite de Félix Tshisekedi s'inscrit dans la poursuite du rapprochement engagé entre Kinshasa et Jérusalem, avec pour objectif d'élargir la coopération économique, technologique et sécuritaire entre les deux pays.

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