Aller au contenu principal
Muberwa Media
International

Haïti : 13 otages, dont six enfants, libérés après une attaque meurtrière à Kenscoff

Muberwa Média Mis à jour le 2026-09-06 20:26:56 3 min de lecture
haiti

PORT-AU-PRINCE, AP — Treize personnes, dont six enfants et sept femmes, ont été libérées après avoir été enlevées par un gang lors d’une attaque meurtrière contre Kenscoff, une commune située dans les hauteurs de Port-au-Prince, a annoncé l’UNICEF. Plus de 50 personnes avaient été kidnappées lors de cette attaque, qui a fait au moins 47 morts.

Parmi les personnes libérées figurent trois enfants âgés de moins de deux ans, un enfant de sept ans et deux adolescentes, selon l’agence des Nations unies pour l’enfance. L’UNICEF a indiqué avoir travaillé avec des responsables communautaires afin de faciliter leur libération.

« Cette libération offre un rare moment d’espoir au milieu des violences qui menacent les enfants en Haïti », a déclaré Yannig Dussart, représentant adjoint de l’UNICEF en Haïti. L’organisation souligne toutefois que l’enlèvement de Kenscoff illustre l’ampleur et la fréquence des violences visant les enfants dans le pays.

L’attaque contre Kenscoff, survenue dans la nuit du 23 août, a plongé cette communauté agricole dans la violence. Selon les Nations unies, au moins 47 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées. Plus de 2 600 habitants ont été contraints de fuir leurs maisons pour échapper aux affrontements, certains pour la deuxième ou la troisième fois.

Les groupes armés ont également incendié des habitations et poursuivi des habitants qui tentaient de trouver refuge. Des victimes ont notamment été tuées alors qu’elles cherchaient à se protéger dans une église, selon les informations communiquées aux Nations unies.

Le chef de gang connu sous le nom d’Izo 2 avait menacé d’exécuter les otages si les forces de sécurité tuaient des membres de son groupe lors des opérations destinées à reprendre le contrôle de Kenscoff. Cette menace a placé les autorités haïtiennes face à un choix particulièrement difficile entre la libération des otages et les opérations contre les groupes armés.

La libération des 13 captifs constitue un soulagement pour leurs familles, mais le sort des autres personnes enlevées demeure incertain. Les autorités et les organisations humanitaires n’ont pas immédiatement indiqué si d’autres femmes ou enfants se trouvaient encore entre les mains des ravisseurs ni si les personnes libérées nécessitaient des soins médicaux.

L’attaque de Kenscoff a également provoqué une forte réaction internationale. Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni en urgence pour examiner la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti et les moyens de renforcer la lutte contre les gangs. Les membres du Conseil ont condamné les violences et appelé à accélérer le déploiement d’un dispositif international destiné à soutenir les forces haïtiennes.

L’ONU estime que la crise sécuritaire a provoqué le déplacement interne d’environ 1,5 million de personnes en Haïti, dont une importante proportion d’enfants. Les violences des groupes armés continuent de fragiliser les institutions, de perturber la vie quotidienne et de compliquer les efforts visant à organiser les prochaines élections dans le pays.

La libération des 13 otages intervient ainsi dans un contexte de profonde crise sécuritaire et humanitaire. Pour l’UNICEF, elle constitue une lueur d’espoir, mais rappelle également l’urgence de renforcer la protection des civils, en particulier des femmes et des enfants, face à l’emprise persistante des groupes armés sur une partie du territoire haïtien.

Partager

Commentaires (0)

Les commentaires sont modérés avant publication.

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Dans la même catégorie