Grands Lacs : l'ICG appelle la RDC à accélérer le désarmement des FDLR
Le Groupe de contact international (ICG) pour la région des Grands Lacs appelle la République démocratique du Congo à accélérer la mise en œuvre du protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement conclu avec une faction des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR-FOCA).
Dans une déclaration publiée le 13 août, l'ICG, présidé par la France, dit prendre note de l'annonce faite le 28 juillet par le gouvernement congolais concernant la signature de ce protocole. Le groupe estime désormais nécessaire de passer rapidement des engagements politiques à leur mise en œuvre concrète.
L'ICG demande ainsi aux autorités de Kinshasa d'élaborer un plan opérationnel assorti d'un calendrier réaliste, afin d'assurer la neutralisation effective des FDLR. Cette démarche doit, selon le groupe, rester conforme aux engagements pris dans le cadre des accords de Washington ainsi qu'au CONOPS adopté le 31 octobre 2024.
Lutte contre l'impunité et coopération avec la MONUSCO
Le Groupe de contact international demande également à la RDC de clarifier les mécanismes destinés à lutter contre l'impunité et de travailler avec la MONUSCO pour faciliter la mise en œuvre du protocole.
L'ICG insiste par ailleurs sur un point sensible du processus de paix : toute forme de colocation ou de collaboration opérationnelle avec des éléments des FDLR serait, selon lui, incompatible avec les engagements souscrits dans le cadre des accords de Washington.
En parallèle, le groupe encourage Kinshasa et Kigali à prendre des mesures concrètes conformément à leurs propres engagements dans le processus de paix. Il appelle également l'ensemble des parties aux accords de Washington et au cadre de Doha, ainsi que les acteurs engagés dans les initiatives de médiation de l'Union africaine, à poursuivre la mise en œuvre de leurs engagements.
Protection des civils et respect du droit international
Face à la persistance des violences dans l'est de la RDC, l'ICG rappelle l'obligation faite à toutes les parties de protéger les populations civiles et de respecter le droit international humanitaire.
Le groupe souligne également la nécessité de respecter les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des États. Il appelle, dans ce contexte, à une désescalade immédiate et au respect des règles du droit international humanitaire, alors que les populations de l'est de la RDC continuent de subir les conséquences du conflit.
Les prisonniers, un possible levier de confiance
Sur la question des prisonniers, l'ICG salue l'accord d'échange conclu entre Kinshasa et l'AFC/M23. Le groupe salue également le récent transfert, facilité par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de personnes libérées par les autorités congolaises vers l'AFC/M23. Pour l'ICG, cette opération constitue une mesure susceptible de renforcer la confiance entre les parties et de contribuer à créer les conditions nécessaires à la poursuite du processus de paix.
L'accès humanitaire reste une priorité
Enfin, le Groupe de contact international demande à toutes les parties de garantir un accès humanitaire sûr, complet et sans entrave aux populations affectées par la crise.
L'appel intervient alors que les initiatives diplomatiques visant à mettre fin aux violences dans l'est de la RDC se poursuivent sur plusieurs fronts. Pour l'ICG, la crédibilité de ces processus dépend désormais largement de la capacité des parties à transformer leurs engagements en actions concrètes, notamment sur le désarmement des groupes armés, la protection des civils et l'accès humanitaire.
Le message de l'ICG est donc clair : les engagements pris dans les différents cadres de paix doivent désormais se traduire sur le terrain par des mesures vérifiables, coordonnées et assorties d'un calendrier crédible.