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À Uvira, les femmes artistes veulent faire de la culture un levier de paix

Muberwa Média Mis à jour le 2026-09-10 11:41:41 4 min de lecture
FESTIVAL

UVIRA, République démocratique du Congo — À Uvira, les femmes artistes veulent que leur voix dépasse les scènes et les salles de spectacle.

À travers la musique, la danse, le cinéma, les arts visuels et les arts vivants, elles cherchent désormais à prendre une place plus importante dans la vie de leur communauté et à contribuer aux efforts en faveur de la paix et de la cohésion sociale.

Cette dynamique accompagne la préparation du Festival L’Art des Femmes d’Uvira, dont la première édition doit réunir des femmes et des filles engagées dans différentes disciplines artistiques.

Depuis plusieurs semaines, des formations et des séances d’accompagnement ont permis aux participantes de renforcer leurs compétences techniques et leur créativité. Mais l’objectif poursuivi va au-delà du développement artistique.

Les organisateurs souhaitent également renforcer la capacité des femmes artistes à participer aux débats sociaux et communautaires, dans une région de l’est de la République démocratique du Congo confrontée depuis des années à des crises et à des tensions qui affectent les populations.

La clôture de cette phase de formation a été marquée par un atelier réunissant artistes, autorités, partenaires et responsables communautaires. Les échanges ont porté sur la place des femmes et des filles dans la société, leur visibilité et leur contribution à la paix.

La rencontre a notamment été honorée par la présence de Faustin Mayani, ministre provincial de la Justice, des Droits humains, du Genre, des Enfants et de la Famille, ainsi que de plusieurs responsables locaux.

Pour les participantes, cette présence constitue un signal important dans un secteur où les femmes restent confrontées à de nombreux obstacles pour faire reconnaître leur travail et accéder aux espaces de décision.

L’atelier, facilité par Abigael Bitondo Aimé, de l’organisation GAD, a permis d’aborder plusieurs questions liées aux droits, à la participation communautaire et au rôle des artistes dans la société.

Aline, de l’organisation CEDEJ GL, a notamment insisté sur le rôle social et juridique des femmes et des filles au sein de la communauté.

Sanela, vice-présidente du Conseil provincial de la jeunesse du Sud-Kivu chargée du genre, a consacré son intervention au rôle des femmes et des filles artistes dans la promotion de la paix, la résolution des conflits et le vivre-ensemble.

Dans les discussions, l’art est apparu comme bien plus qu’un moyen de divertissement. Il peut aussi permettre de transmettre des messages, de créer des espaces de dialogue et de rapprocher des communautés parfois divisées.

Pour les femmes artistes d’Uvira, cette reconnaissance représente un enjeu majeur. Leur participation à la vie culturelle peut leur offrir davantage de visibilité, mais aussi une plateforme pour aborder les problèmes auxquels leurs communautés sont confrontées.

La fin de la formation marque ainsi une nouvelle étape dans la préparation du Festival L’Art des Femmes d’Uvira. L’événement devrait mettre en avant les créations féminines tout en ouvrant un espace de réflexion sur le rôle de la culture dans la société.

L’ambition affichée par les organisateurs est de faire du festival un rendez-vous où l’expression artistique rencontre les questions de paix, de cohésion sociale et de développement.

À Uvira, les femmes artistes veulent désormais utiliser leur créativité pour raconter leur réalité, défendre leur place dans la communauté et participer, à leur manière, à la construction d’un avenir plus pacifique.

Car derrière chaque chanson, chaque danse, chaque image ou chaque film, elles veulent faire entendre une même idée : l’art peut aussi être une voix pour la paix.

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