Rentrée scolaire au Sud-Kivu : l’espoir des enfants, l’épreuve des parents
Bukavu, 1er septembre 2026 – La rentrée scolaire au Sud-Kivu s’ouvre dans un climat partagé entre enthousiasme et inquiétude. Si les enfants retrouvent avec joie leurs camarades et enseignants, les parents, eux, doivent affronter une série de défis qui rendent ce moment aussi éprouvant qu’espéré.
Malgré la gratuité annoncée pour l’enseignement primaire, le coût de la scolarité demeure un obstacle majeur, les familles devant assumer uniformes, fournitures et contributions scolaires, des dépenses qui deviennent un véritable casse-tête pour des ménages fragilisés par la crise économique.
Dans certaines zones touchées par l’insécurité et les conflits armés, les trajets vers l’école restent risqués, obligeant des parents à choisir entre l’éducation et la sécurité immédiate de leurs enfants. »
Dans plusieurs territoires, les écoles manquent de bancs et de manuels ou fonctionnent dans des bâtiments vétustes, poussant les parents à improviser et à organiser des collectes communautaires pour assurer un minimum de confort à leurs enfants.
C’est par exemple dans les hauts plateaux, précisément à Katasomwa et Tushunguti, la rentrée scolaire n’a pas eu lieu. Selon des acteurs de la société civile locale, les affrontements de la semaine dernière ont replongé ces entités dans une psychose, empêchant toute reprise des cours.
Il sied de signaler que la rentrée s’est déroulée dans la douleur pour la plupart d’élèves et responsables d’écoles. Plusieurs établissements ont été détruits lors des bombardements survenus entre janvier et mars 2025, et d’autres gravement endommagés à la suite des inondations.
Selon les organisations de la société civile locale, plus de 9 écoles sont aujourd’hui jugées non viables et n’ont bénéficié d’aucun programme de réhabilitation dans les axes Kiniezire-Mukwidja, Bunyakiri et Kalonge.
Dans ces zones, on signale également un nombre important d’élèves dont les familles restent en déplacement. Pour celles-ci, les parents doivent redoubler d’efforts afin de maintenir leurs enfants à l’école malgré ce contexte difficile.
Contacté par votre média, l’un des syndicalistes dans la sous-division de Kalehe 3, à Kalonge, renseigne que certains enseignants ont boycotté la rentrée, dénonçant le non-paiement de leurs salaires des mois de juillet et août 2025. Conséquence : plusieurs responsables d’écoles se sont retrouvés seuls, ou avec un nombre réduit d’enseignants, pour encadrer les élèves lors de cette première journée.
Des cas similaires dans la ville d’Uvira et une grande partie de son territoire, à Idjwi, Kabare et Kalehe où plusieurs parents peinent encore à réunir l’argent nécessaire pour acheter les fournitures scolaires et permettre à leurs enfants de reprendre le chemin de l’école.
Ces derniers ajoutent que, la qualité de l’enseignement reste fragilisée par des enseignants sous-payés et peu formés, pourtant les parents portent sur leurs épaules le poids d’une mission essentielle : offrir l’éducation à leurs enfants malgré les obstacles.
Pour le bureau de communication SYMUF-MP