Kongo Central : l’ancienne prison militaire de Shinkakasa envisagée pour une réhabilitation aux normes modernes
L’ancienne prison militaire de Shinkakasa, située à Boma dans la province du Kongo Central, pourrait connaître une nouvelle vocation. Le site fait l’objet d’une réflexion en vue de sa réhabilitation et de son adaptation aux normes pénitentiaires modernes, a indiqué le ministère de la Justice à l’issue de la visite effectuée mercredi par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la mission officielle menée par le ministre d’État dans le Kongo Central. Elle vise notamment à évaluer le fonctionnement de l’appareil judiciaire, les conditions de détention ainsi que l’état des infrastructures et du patrimoine relevant de son ministère.
Un site historique à reconvertir
Implanté dans la concession militaire de Kachinka, le fort de Shinkakasa a été construit avant l’indépendance de la République démocratique du Congo. À l’origine, l’ouvrage répondait à une vocation essentiellement stratégique et militaire avant d’être transformé en établissement pénitentiaire militaire.
L’infrastructure a par la suite été désaffectée, notamment en raison de l’inadéquation de ses installations avec les exigences actuelles en matière de détention.
Lors de sa visite, le ministre d’État a examiné la possibilité de réhabiliter le site afin d’en faire, sous réserve des études techniques préalables, un établissement pénitentiaire répondant davantage aux standards contemporains.
Le projet envisagé devrait notamment intégrer l’amélioration de l’aération et des conditions de détention, l’augmentation des capacités d’accueil, le renforcement des dispositifs de sécurité ainsi que le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.
Un enjeu face à la surpopulation carcérale
La réhabilitation de Shinkakasa pourrait contribuer à renforcer les capacités d’accueil du système pénitentiaire dans la province et, plus largement, à soutenir les efforts engagés pour faire face à la surpopulation carcérale qui affecte plusieurs établissements de détention en République démocratique du Congo.
Au-delà de la création de nouvelles capacités, la modernisation d’anciennes infrastructures pénitentiaires pose également la question de leur conformité aux normes actuelles en matière d’hygiène, de sécurité, de ventilation et de traitement des détenus.
Toutefois, la concrétisation du projet reste conditionnée aux conclusions des études techniques, à l’évaluation de la faisabilité du site et aux décisions qui seront prises par les autorités compétentes.
Préserver le patrimoine public
La visite du ministre d’État à Boma a également porté sur la situation foncière de la concession militaire de Kachinka, où se trouve notamment la 142ᵉ base navale.
Des préoccupations concernant le morcellement et l’occupation de certaines portions de cette concession ont été soulevées au cours de la mission.
Guillaume Ngefa Atondoko Andali a demandé qu’un examen rigoureux soit mené afin d’établir la situation juridique et foncière des espaces concernés, de clarifier les procédures engagées et, lorsque cela s’avère nécessaire, d’identifier les éventuelles responsabilités conformément aux dispositions légales.
Cette démarche traduit également la volonté des autorités de renforcer la protection du patrimoine foncier de l’État et d’éviter que des infrastructures ou domaines publics ne soient occupés ou cédés en dehors du cadre légal.
Une mission consacrée à la modernisation de la Justice
L’étape de Boma intervient après celles de Madimba, Mbanza-Ngungu et Muanda, dans le cadre de la mission menée par le ministre d’État au Kongo Central.
À travers ces déplacements, le ministère entend dresser un état des lieux des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, identifier les besoins prioritaires et recueillir des données permettant d’orienter les futures interventions.
La réhabilitation envisagée de l’ancienne prison militaire de Shinkakasa s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la modernisation des infrastructures pénitentiaires, l’amélioration des conditions de détention et la préservation du patrimoine public.
Pour l’heure, aucune échéance précise concernant le lancement des travaux n’a été annoncée. La suite du processus dépendra notamment des études techniques et des décisions administratives qui permettront de déterminer les conditions de réalisation du projet.