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Justice

RDC : Denise Mukendi Dusauchoy arrêtée en Tanzanie en exécution d'un mandat d'arrêt congolais

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-06 12:00:22 4 min de lecture
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Madame Denise Mukendi Dusauchoy a été arrêtée dimanche 30 août en République-Unie de Tanzanie par les autorités tanzaniennes en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé le ministère d'État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux.

Dans un communiqué rendu public dans la nuit du lundi 31 août au mardi 1er septembre, le ministère précise que cette arrestation s'inscrit dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire internationale et fait suite à plusieurs procédures pénales en cours d'instruction en République démocratique du Congo.

« Le ministère d'État, ministère de la Justice et Garde des Sceaux informe l'opinion publique que Mme Denise Dusauchoy a été arrêtée le 30 août 2026 en République-Unie de Tanzanie par les autorités compétentes tanzaniennes, en exécution d'un mandat d'arrêt délivré par les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo, dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire internationale », indique le communiqué.

Le ministère rappelle qu'en octobre et novembre 2025, le procureur général près la Cour de cassation avait adressé aux autorités judiciaires belges trois commissions rogatoires internationales relatives à plusieurs dossiers pénaux ouverts au parquet de grande instance de Kinshasa/Gombe. Selon les autorités congolaises, ces procédures visaient notamment Denise Mukendi Dusauchoy ainsi que d'autres personnes. Des mandats d'arrêt internationaux avaient également été émis dans le cadre de ces enquêtes.

Kinshasa a salué la collaboration des autorités tanzaniennes dans l'exécution de cette mesure judiciaire, estimant qu'elle illustre la qualité de la coopération entre les deux pays en matière de justice. Le ministère a également réaffirmé son engagement à renforcer la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre l'impunité et pour l'effectivité de la justice.

Les autorités congolaises soulignent toutefois que cette arrestation constitue une étape de la procédure judiciaire et ne préjuge pas de l'issue des poursuites engagées.

« L'arrestation de Mme Denise Dusauchoy constitue un acte de procédure judiciaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité. L'intéressée demeure bénéficiaire de la présomption d'innocence jusqu'à l'intervention d'une décision judiciaire définitive », précise le ministère.

Cette arrestation intervient près de deux ans après la condamnation de Denise Mukendi Dusauchoy par le tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema. Le 16 décembre 2024, elle avait été condamnée à trois ans de servitude pénale pour faux bruits, faux en écriture et injures publiques à l'encontre de l'opposant Jacky Ndala et des services de renseignement congolais.

En mars 2025, elle avait été remise en liberté, aux côtés de l'ancien candidat à l'élection présidentielle Seth Kikuni et de l'ancien député provincial Mike Mukebayi. Cette libération conditionnelle avait été ordonnée par le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de l'époque, Constant Mutamba.

Après sa sortie de prison et son départ de la République démocratique du Congo, Denise Mukendi Dusauchoy s'était exprimée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, où elle avait multiplié les critiques contre les autorités congolaises, notamment le président Félix Tshisekedi, la Première dame ainsi que plusieurs responsables politiques de la majorité au pouvoir.

Son arrestation intervient alors que le gouvernement congolais affirme vouloir renforcer la lutte contre l'impunité et intensifier la coopération judiciaire avec les États partenaires. Elle s'inscrit également dans un contexte où les autorités annoncent leur volonté de mieux encadrer l'espace numérique et de promouvoir une utilisation plus responsable des réseaux sociaux, tout en poursuivant les auteurs présumés d'infractions commises par voie numérique.

Les autorités congolaises n'ont pas indiqué si une procédure d'extradition vers la République démocratique du Congo avait déjà été engagée.

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