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RDC : dans l’Est du pays, la faim s’impose comme une urgence humanitaire à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation 2026

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-06 10:41:44 4 min de lecture
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Alors que le monde célèbre la Journée mondiale de l’alimentation, des millions de Congolais restent confrontés à des difficultés d’accès à une nourriture suffisante et nutritive. Dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les conflits armés, les déplacements de populations et la fragilisation des activités économiques aggravent la vulnérabilité des ménages, faisant de la sécurité alimentaire une priorité humanitaire majeure.

Célébrée chaque année le 16 octobre, cette journée, portée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), vise à sensibiliser l’opinion publique à la lutte contre la faim et à la nécessité de garantir à chacun une alimentation saine et suffisante. L’édition 2026 met l’accent sur l’innovation et les solutions permettant de construire des systèmes alimentaires plus durables et résilients.

En RDC, l’ampleur de la crise demeure préoccupante. Selon une alerte publiée en mai 2026 par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 26,5 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans le pays. Parmi elles, plus de 3,6 millions se trouvaient dans une situation d’urgence alimentaire.

Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika figurent parmi les provinces particulièrement affectées par cette situation. Dans ces régions, l’insécurité perturbe les activités agricoles, fragilise les circuits commerciaux et prive de nombreuses familles de leurs principales sources de revenus.

Pour les populations déplacées, la situation est particulièrement difficile. En abandonnant leurs villages, certaines familles perdent leurs champs, leurs récoltes, leur bétail et leurs réserves alimentaires. D’autres dépendent de petits revenus devenus insuffisants pour faire face à la hausse du coût de la vie. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les ménages les plus pauvres figurent parmi les plus exposés aux conséquences de cette crise.

Au Sud-Kivu, notamment dans les zones affectées par les violences autour d’Uvira et dans les territoires environnants, l’accès à une alimentation régulière représente un défi pour les communautés dont les activités agricoles, commerciales ou de pêche sont perturbées. Les difficultés de déplacement, les contraintes d’approvisionnement et la perte des moyens de subsistance peuvent accentuer la précarité des ménages.

Pourtant, l’Est de la RDC dispose d’importantes ressources agricoles et halieutiques susceptibles de contribuer à la sécurité alimentaire. Le soutien aux agriculteurs, aux pêcheurs et aux petits commerçants, ainsi que l’amélioration des conditions de conservation et de commercialisation des produits locaux, pourraient renforcer la capacité des communautés à faire face aux crises.

À cette occasion, les autorités congolaises, les organisations humanitaires et les partenaires de développement sont appelés à renforcer leurs efforts pour répondre aux besoins alimentaires immédiats, prévenir la malnutrition et soutenir durablement la production locale. La protection des civils, l’accès humanitaire aux populations vulnérables et la sécurisation des activités agricoles restent également essentiels pour permettre aux familles de retrouver leur autonomie.

Pour Muberwa Média, la Journée mondiale de l’alimentation ne doit pas se limiter à une célébration symbolique. Elle doit rappeler l’urgence d’apporter des réponses concrètes aux communautés confrontées à la faim, particulièrement dans l’Est de la RDC, où les conséquences des conflits continuent de fragiliser les conditions de vie.

Lutter contre la faim, c’est non seulement fournir une assistance aux familles en difficulté, mais aussi leur permettre de cultiver leurs terres, de développer leurs activités économiques et d’accéder durablement à une alimentation saine et suffisante.

Dans l’Est de la RDC, nourrir demain commence par protéger les populations, soutenir les producteurs et restaurer les moyens de subsistance aujourd’hui.

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