RDC : le FRN de Joseph Kabila reçoit une délégation de la MONUSCO à Goma et réaffirme son engagement dans le processus de Doha
Goma – Près de trois semaines après son lancement officiel, le Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila, a reçu, ce mardi 3 novembre 2026 à Goma, une délégation de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). La délégation était conduite par James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la mission onusienne.
La rencontre a réuni les principaux responsables du mouvement, notamment Joseph Kabila, assisté de ses deux vice-présidents, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. Au centre des échanges figuraient la présentation du FRN, ses objectifs politiques ainsi que les perspectives de règlement du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
À l’issue de la réunion, Bertrand Bisimwa a indiqué que la délégation onusienne souhaitait obtenir des éclaircissements sur ce nouveau mouvement, présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23. Le vice-président du FRN a décrit sa création comme une réaction à ce qu’il qualifie de « tyrannie » sous le régime du président Félix Tshisekedi.
« Nous avons dit que le FRN était un agenda national et que c'était une réaction par rapport à la tyrannie qui s'installe dans le pays », a déclaré Bertrand Bisimwa devant la presse. Selon lui, le mouvement entend promouvoir une refondation de l’État et de la nation afin d’offrir de nouvelles perspectives à la population congolaise.
La question du processus de paix de Doha, conduit sous l’égide du Qatar entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23, a également occupé une place importante dans les discussions. Bertrand Bisimwa a assuré que le FRN entendait poursuivre l’engagement de l’ancien mouvement dans ces négociations.
Il a toutefois exprimé des réserves sur le respect des engagements pris par les parties. Le responsable du FRN affirme que le gouvernement congolais ne respecterait pas ses obligations dans le cadre du processus de paix, une accusation qui n’a pas été accompagnée, dans ses déclarations, de précisions détaillées sur les engagements concernés.
« Le FRN a hérité de l'actif et du passif de l'ex-AFC/M23 », a-t-il notamment affirmé, laissant entendre que le nouveau mouvement entend maintenir les acquis et les obligations de son prédécesseur dans les discussions de Doha.
Lancé officiellement le 12 octobre 2026, le FRN se présente ainsi comme une nouvelle structure politico-militaire dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements et les efforts diplomatiques pour mettre fin à la crise sécuritaire dans l'est du pays.
Cette rencontre avec la MONUSCO constitue un premier contact notable entre la direction du mouvement et une délégation de la mission onusienne depuis sa création. Elle intervient alors que la communauté internationale continue de privilégier une solution politique et diplomatique à la crise congolaise.
Dans ce contexte, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs a récemment réitéré la nécessité de privilégier le dialogue pour parvenir à une sortie durable du conflit. Reste à savoir dans quelle mesure l'émergence du FRN influencera les négociations en cours et les efforts internationaux visant à rétablir la paix dans l'est de la RDC.
Muberwa Athanase