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RDC-Rwanda : les États-Unis sanctionnent la banque Zigama, accusée de soutenir financièrement le M23

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-04 16:45:09 5 min de lecture
zigama

Les États-Unis ont étendu leurs sanctions contre des acteurs rwandais accusés de contribuer au soutien du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Au-delà du ministère rwandais de la Défense, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), relevant du département américain du Trésor, a désigné la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière que Washington présente comme un acteur important dans le financement et le soutien logistique des Forces de défense rwandaises (RDF), du M23 et de son aile politique, l’Alliance du fleuve Congo (AFC).

Dans un communiqué publié le mercredi 28 octobre 2026, le Trésor américain affirme que Zigama aurait facilité des paiements destinés à l’acquisition d’armes, de munitions et d’équipements militaires pour les forces rwandaises. L’institution aurait également pris en charge certaines dépenses de déplacement et d’hébergement de militaires rwandais participant à des exercices de formation.

Selon Washington, ces opérations auraient contribué au soutien matériel et logistique des forces rwandaises, dans un contexte marqué par la persistance du conflit armé dans l’Est de la RDC.

Des transactions financières liées à l’or de l’Est congolais

Le département américain du Trésor affirme également que Zigama aurait facilité le transport vers Kigali d’or provenant de territoires de l’Est congolais sous contrôle du M23. Cette activité s’inscrirait, selon les autorités américaines, dans un système économique lié à l’exploitation de ressources naturelles dans les zones affectées par le conflit.

Le Trésor soutient par ailleurs que l’institution financière aurait facilité des transactions au profit du M23 et de l’AFC pour plusieurs dizaines de millions de dollars. Ces accusations mettent en lumière les liens présumés entre les circuits financiers, les ressources minières et le financement des acteurs impliqués dans les violences dans l’Est de la RDC.

Ces éléments constituent les motifs avancés par l’administration américaine pour justifier sa décision. Ils doivent être présentés comme des accusations officielles des États-Unis et non comme des faits judiciairement établis en l’absence d’éléments indépendants permettant de les confirmer.

Des conséquences financières et juridiques

La désignation de Zigama au titre du décret exécutif américain 13413, tel que modifié, entraîne le blocage des biens et des intérêts patrimoniaux relevant de la juridiction américaine. Les avoirs concernés doivent être déclarés à l’OFAC lorsqu’ils se trouvent aux États-Unis ou sont détenus ou contrôlés par des personnes américaines.

Les restrictions s’étendent généralement aux entités détenues directement ou indirectement à hauteur d’au moins 50 % par une ou plusieurs personnes ou organisations bloquées. Sauf autorisation ou exemption applicable, les personnes américaines ne peuvent effectuer de transactions impliquant les biens concernés.

Les violations de ces mesures peuvent entraîner des sanctions civiles ou pénales. Certaines sanctions civiles peuvent être imposées sans qu’il soit nécessaire de démontrer une intention délibérée de violer la réglementation. Les personnes et entreprises non américaines peuvent également s’exposer à des risques juridiques si elles participent à des opérations destinées à contourner les restrictions ou amènent des personnes américaines à les enfreindre.

Les accords de Washington mis à l’épreuve

Cette décision intervient dans le contexte des efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC et à consolider la paix dans la région des Grands Lacs. Les accords de Washington, signés le 4 décembre 2025 par les dirigeants congolais et rwandais, ambitionnent notamment de favoriser un règlement pacifique du conflit et de renforcer la coopération économique régionale.

Ils prévoient également des mécanismes destinés à promouvoir la transparence des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et à encourager les investissements dans la région.

En ciblant une institution financière accusée de soutenir les forces rwandaises et les réseaux économiques associés au M23 et à l’AFC, Washington entend exercer une pression supplémentaire sur les acteurs qu’il estime contribuer à la prolongation du conflit.

Pour les populations de l’Est de la RDC, où les combats et l’instabilité continuent de provoquer des déplacements et de fragiliser les moyens de subsistance, l’enjeu demeure la traduction des engagements diplomatiques en améliorations concrètes sur le terrain : protection des civils, accès humanitaire, sécurité des zones habitées et transparence dans l’exploitation des ressources naturelles.

La portée réelle de ces sanctions dépendra notamment de leur application, de leur impact sur les circuits financiers concernés et de leur articulation avec les autres initiatives diplomatiques. Leur efficacité devra surtout être appréciée à l’aune de leur contribution à la réduction des violences et à l’instauration d’une paix durable dans l’Est de la RDC.

Par Muberwa Athanase

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