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RDC : porté disparu à Kinshasa, le journaliste Gauthier Sey retrouvé inconscient à la Clinique Ngaliema

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-05 23:34:04 4 min de lecture
journaliste

L’inquiétude qui entourait la disparition du journaliste Gauthier Sey a connu un nouveau développement dans la nuit de samedi à dimanche. Le directeur général de Netic News, porté disparu depuis la matinée du 3 octobre à Kinshasa, a été retrouvé et admis aux urgences de la Clinique Ngaliema, selon plusieurs médias locaux.

D’après les informations rapportées par la presse congolaise, Gauthier Sey n’avait plus donné signe de vie depuis environ 11 heures samedi. Face à cette disparition, ses proches et plusieurs confrères avaient alerté les services compétents et entrepris des démarches pour tenter de localiser le journaliste.

Dans les premières heures, des informations diffusées sur les réseaux sociaux faisaient état d’une possible interpellation et d’une détention au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Des journalistes se sont rendus sur différents lieux de détention afin de vérifier ces informations. Le président provincial de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Jean-Marie Kassamba, avait indiqué que les recherches n’avaient pas permis de retrouver le journaliste dans les lieux visités.

Le récit a ensuite évolué au fil de la journée. Alors que certaines sources évoquaient une arrestation ou une détention dans les services de sécurité, d’autres informations ont fait état d’un possible enlèvement par des personnes non identifiées. Ces différentes versions n’ont toutefois pas été officiellement confirmées par les autorités.

Le dénouement provisoire est intervenu dans la soirée, lorsque le journaliste a été retrouvé aux urgences de la Clinique Ngaliema. Des médias locaux rapportent qu’il se trouvait dans un état préoccupant et nécessitait une prise en charge médicale. Les circonstances précises dans lesquelles il est arrivé dans cet établissement restent cependant inconnues.

Certains témoignages relayés par la presse évoquent également de possibles violences physiques. Ces informations, qui constituent des accusations graves, n’ont pas encore été confirmées par une communication médicale ou judiciaire officielle. Il convient donc, à ce stade, de les considérer avec prudence.

L’affaire a provoqué une vive réaction au sein de la corporation journalistique congolaise. Jean-Marie Kassamba, président de l’UNPC/Kinshasa, a dénoncé les pratiques d’interpellation ou d’arrestation de journalistes sans information préalable de leurs familles ou de leurs confrères et a appelé les services compétents à contribuer à l’établissement de la vérité sur cette affaire.

La disparition de Gauthier Sey intervient par ailleurs dans un contexte où le journaliste avait récemment été confronté à plusieurs contentieux judiciaires liés à son activité professionnelle. En juillet 2026, les avocats du sénateur Omana Bitika Pascal avaient notamment annoncé avoir porté plainte contre lui.

Mais aucun élément disponible à ce stade ne permet d’établir un lien entre ces précédents judiciaires et les circonstances de sa disparition.

Les principales questions restent donc sans réponse : où se trouvait Gauthier Sey pendant les heures qui ont précédé son admission à la Clinique Ngaliema ? Qui l’a conduit dans cet établissement ? A-t-il été interpellé, détenu ou victime d’une agression ? Dans quelles circonstances a-t-il été retrouvé ?

Autant d’interrogations qui nécessitent désormais des réponses officielles et une enquête transparente.

Pour la profession journalistique, l’enjeu dépasse le seul cas de Gauthier Sey. Il touche directement à la sécurité des professionnels des médias et à la nécessité de garantir leur liberté d’exercer leur métier sans intimidation, enlèvement ou privation arbitraire de liberté.

En attendant que le journaliste soit en mesure de livrer lui-même son témoignage, les autorités judiciaires et sécuritaires sont appelées à faire toute la lumière sur les circonstances de cette disparition et de sa réapparition à l’hôpital.

La priorité demeure aujourd’hui son état de santé. Mais une seconde urgence s’impose : établir les faits, identifier les éventuels responsables et garantir que les circonstances de cette affaire ne restent pas dans l’ombre.

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