RDC–États-Unis : un virement de 17,6 millions de dollars lié à un compte congolais au cœur d’un différend entre proches de Trump
Un transfert financier impliquant un compte lié aux autorités congolaises attire l’attention à Washington. Selon des informations rapportées par le New York Times, un virement de 17,6 millions de dollars a été effectué en mai 2025 vers TX-AT, une société de sécurité et de défense basée au Texas, aux États-Unis.
Cette transaction est au cœur d’un différend opposant Richard Grenell, ancien envoyé spécial américain au Venezuela et ancien dirigeant du Kennedy Center, à Alina Habba Mildon, ancienne avocate personnelle de Donald Trump. L’affaire a conduit la Maison-Blanche à examiner les accusations formulées contre Grenell.
Des accusations autour du Kennedy Center
Selon les informations rapportées par la presse américaine, Alina Habba Mildon accuse Richard Grenell d’avoir fait transiter une partie des fonds dans le cadre d’une opération dont une fraction, estimée à plusieurs millions de dollars, aurait dû être reversée au Kennedy Center, prestigieuse institution culturelle américaine.
Richard Grenell rejette ces accusations et nie tout détournement. Il conteste également avoir reçu de l’argent destiné à l’institution culturelle.
Le différend porte ainsi sur la destination d’une partie du montant transféré et sur les conditions dans lesquelles cette somme aurait été affectée. À ce stade, les éléments publiquement rapportés ne permettent pas d’établir qu’un détournement a effectivement eu lieu.
Turhan Mildon et les liens avec la RDC
L’affaire prend une dimension congolaise avec l’apparition du nom de Turhan Mildon, homme d’affaires turc et époux d’Alina Habba Mildon.
Dans un premier temps, Alina Habba avait présenté les fonds comme provenant de son mari. Or, selon le New York Times, le virement de 17,6 millions de dollars provenait d’un compte bancaire affilié au gouvernement de la République démocratique du Congo.
Turhan Mildon entretient des intérêts économiques en RDC à travers sa société Milvest, qui a obtenu plusieurs marchés publics dans le pays, notamment dans le cadre de la construction du Centre financier de Kinshasa.
L’homme d’affaires se présente également comme conseiller du président congolais Félix Tshisekedi et affirme détenir un passeport diplomatique congolais. Ces éléments renforcent l’intérêt porté aux liens entre ses activités économiques et les autorités de Kinshasa, sans toutefois suffire à établir une quelconque irrégularité dans la transaction.
L’origine et la destination des fonds restent à éclaircir
Plusieurs questions demeurent sans réponse : quelle institution congolaise était à l’origine du virement ? Quel était l’objet exact du paiement adressé à TX-AT ? Et quelle part de cette somme devait éventuellement bénéficier au Kennedy Center ?
Selon les informations rapportées, le ministère congolais des Affaires étrangères et la société TX-AT n’avaient pas répondu aux sollicitations du quotidien américain au moment de la publication de son enquête.
En l’absence d’explications détaillées sur la nature de l’opération, il reste difficile de déterminer les motivations du transfert et les responsabilités éventuelles des personnes citées.
Cette affaire place néanmoins sous les projecteurs les relations entre les intérêts économiques privés, les entreprises américaines et les circuits financiers liés à la RDC.
À ce stade, aucune conclusion définitive ne peut être tirée quant à l’existence d’un détournement de fonds publics congolais. L’enjeu principal reste d’établir l’origine précise des 17,6 millions de dollars, le fondement du paiement et leur destination finale.
Source : The New York Times, cité par plusieurs médias américains.