Uvira : 27 militaires de la Garde républicaine condamnés à mort, 64 autres écopent de peines de prison
Le Tribunal militaire de garnison d’Uvira a condamné, vendredi 2 octobre 2026, 91 militaires de la Garde républicaine, au terme d’un procès en flagrance consacré au comportement de soldats déployés sur des positions militaires dominant la ville. Parmi les condamnés, 27 ont été condamnés à la peine de mort pour lâcheté, selon les éléments rapportés à l’issue de l’audience.
Le verdict a été rendu lors d’une audience publique organisée à la prison urbaine d’Uvira, après plus de deux semaines de procédure. Au total, 112 militaires du 21ᵉ bataillon Simba de la Garde républicaine étaient poursuivis par le ministère public pour des faits qualifiés de lâcheté et de violation des consignes.
L’affaire trouve son origine dans les événements survenus dans la nuit du 22 au 23 août 2026, alors que les militaires concernés étaient affectés à des positions situées à Malimba et Masangu, deux villages établis sur les hauteurs qui surplombent Uvira.
Selon les éléments présentés au cours de la procédure, les poursuites portaient sur le comportement des militaires alors qu’ils occupaient ces positions considérées comme stratégiques. Le procès, ouvert en flagrance le 15 septembre, devait notamment déterminer les responsabilités individuelles dans les faits reprochés par le ministère public.
À l’issue des débats, le tribunal a prononcé des peines différentes selon les infractions retenues. Vingt-sept militaires ont été condamnés à la peine de mort pour lâcheté. Cinquante-quatre autres ont écopé de cinq ans de servitude pénale pour violation des consignes, tandis que dix ont été condamnés à six mois de servitude pénale pour la même infraction.
Le tribunal a parallèlement prononcé 21 acquittements, portant à 91 le nombre total de militaires condamnés dans cette affaire.
Parmi les personnes poursuivies figuraient également six femmes militaires. Cinq ont été acquittées et une seule a été condamnée, selon les informations disponibles sur le verdict.
Au-delà des chiffres, le procès intervient dans un contexte où les positions militaires établies sur les hauteurs d’Uvira revêtent une importance particulière pour la surveillance et la défense de la ville. La zone d’Uvira se trouve dans une partie du Sud-Kivu marquée depuis plusieurs années par l’instabilité armée et les déplacements de populations.
La décision du tribunal constitue ainsi un épisode important de la réponse judiciaire apportée au comportement des militaires déployés dans une zone considérée comme sensible. Elle illustre également le recours de la justice militaire congolaise à des procédures rapides dans les affaires impliquant des membres des forces armées.
La peine de mort prononcée contre 27 militaires constitue l’élément le plus lourd de ce verdict. Il convient toutefois de distinguer le prononcé d’une condamnation de son éventuelle exécution, laquelle relève d’étapes et de procédures ultérieures prévues par le droit congolais.
Avec 21 acquittements sur 112 prévenus, le tribunal a également établi des différences de responsabilité entre les militaires poursuivis, les condamnations allant de six mois de servitude pénale à la peine capitale.
Le verdict d’Uvira place désormais au centre de l’attention la question de la responsabilité individuelle des militaires dans le respect des ordres et des consignes opérationnelles, particulièrement dans les zones où la présence des forces armées est directement liée à la protection des populations et au contrôle des positions stratégiques.
Pour les autorités militaires et judiciaires, l’enjeu dépasse donc le seul dossier des 112 prévenus : il touche à la discipline au sein de l’armée, à l’obligation de respecter les ordres opérationnels et à la responsabilité des militaires engagés dans des zones de conflit.
À Uvira, ce verdict marque une nouvelle étape judiciaire dans une affaire née sur les hauteurs de la ville. Il laisse désormais place aux suites de la procédure pour les condamnés, tandis que les acquittés retrouvent leur liberté après plusieurs semaines de détention et de procès.