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Politique

RDC : Félix Tshisekedi lance un dialogue national, Vital Kamerhe apporte son soutien

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-05 07:57:13 6 min de lecture
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Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé, jeudi 27 août, le lancement d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État. Présentée comme une initiative souveraine, la démarche prévoit une première phase de consultations dans les 26 provinces du pays, avant la tenue d’assises nationales à Kinshasa.

Selon les orientations annoncées par le chef de l’État, le processus devrait s’étendre sur une période maximale de trois mois et aboutir à l’adoption d’un Pacte national pour la paix et la refondation de l’État.

Un dialogue présenté comme distinct des négociations avec l’AFC/M23

Dans son adresse à la Nation, Félix Tshisekedi a tenu à distinguer ce processus des discussions portant directement sur le conflit dans l’est du pays. Il a notamment précisé que le dialogue national ne constituait ni une négociation avec l’AFC/M23, ni une remise en cause des institutions de la République ou des résultats de l’élection présidentielle de 2023.

L’objectif affiché par la présidence est de réunir les différentes composantes de la société congolaise afin d’identifier les causes structurelles des crises qui affectent le pays et de dégager des réponses susceptibles de renforcer durablement la paix, la cohésion nationale et le fonctionnement de l’État.

Cette annonce intervient alors que la République démocratique du Congo reste confrontée à une grave crise sécuritaire dans sa partie orientale, sur fond de tensions persistantes avec le Rwanda et de combats impliquant notamment l’AFC/M23.

Vital Kamerhe soutient l’initiative

Au sein de la majorité présidentielle, l’initiative reçoit déjà des soutiens. Le député national Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) et figure de l’Union sacrée, a exprimé son adhésion au projet dans une déclaration publiée sur son compte X.

Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le dialogue constitue une nouvelle approche visant à s’attaquer aux causes profondes des crises congolaises plutôt qu’à leurs seules conséquences.

« Le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État marque une rupture méthodologique inédite. Il replace enfin les causes profondes des crises congolaises au cœur du débat national, en faisant du peuple le principal acteur du diagnostic et l’architecte des solutions », a déclaré Vital Kamerhe.

Selon lui, cette démarche pourrait ouvrir la voie à la construction d’un État stratège, capable d’anticiper les crises, de mobiliser les ressources nationales et de conduire les réformes nécessaires au développement du pays.

« C’est avec satisfaction que je reconnais dans cette démarche les jalons indispensables à l’émergence d’un véritable État stratège, capable de penser souverainement son avenir, d’anticiper les crises, de mobiliser ses forces vives et de conduire les transformations les plus courageuses, pour le progrès et la paix durable », a-t-il ajouté.

« Rompre avec le cycle des solutions inachevées »

Vital Kamerhe reconnaît toutefois que la RDC a déjà connu plusieurs dialogues politiques, processus de paix et accords censés mettre un terme aux crises récurrentes. Selon lui, ces expériences n’ont pas suffisamment permis de traiter les causes structurelles de l’instabilité.

« Nous avons trop souvent signé sans transformer en profondeur, traité les conséquences sans nous attaquer aux causes. C’est pourquoi je soutiens pleinement cette initiative, qui traduit une volonté souveraine d’engager la Nation dans un moment de vérité », a-t-il déclaré.

Le président de l’UNC appelle ainsi les Congolais à participer activement au processus afin d’éviter qu’il ne reproduise les limites des précédentes initiatives politiques.

« Il revient désormais à tous les Congolais de mobiliser courage, énergie et compétences afin de rompre le cycle des solutions inachevées et permettre à notre pays de prendre la place qui lui revient sur le continent », a-t-il souligné.

Kamerhe a également salué l’engagement annoncé par Félix Tshisekedi en faveur d’une expression libre et d’une participation équitable des différentes composantes de la Nation.

Une initiative déjà contestée par l’opposition

Malgré le soutien de certains responsables de la majorité, le projet de dialogue national suscite déjà des réserves au sein de l’opposition et de certaines organisations politiques.

Les critiques portent notamment sur la capacité du pouvoir en place à organiser et à conduire un processus présenté comme national et inclusif. Certains opposants estiment que le pouvoir ne peut être simultanément partie prenante et arbitre d’une démarche censée rassembler l’ensemble des forces politiques et sociales du pays.

À l’inverse, Kinshasa défend l’idée d’un processus destiné à renforcer la cohésion nationale et à construire un front intérieur face à ce que les autorités congolaises qualifient d’agression rwandaise menée avec l’appui de l’AFC/M23.

Un test politique majeur

Le lancement de ce dialogue intervient donc dans un contexte particulièrement sensible. La réussite du processus dépendra notamment de son niveau d’inclusivité, de la transparence des consultations provinciales et de la capacité des organisateurs à instaurer un climat de confiance entre les différentes composantes de la classe politique et de la société civile.

Au-delà des déclarations de soutien ou de rejet, le principal enjeu sera de déterminer si cette nouvelle initiative peut déboucher sur des engagements concrets et durables, notamment en matière de gouvernance, de sécurité, de cohésion nationale et de réforme de l’État.

Le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État s’annonce ainsi comme l’un des principaux rendez-vous politiques des prochaines semaines en République démocratique du Congo. Son déroulement et la participation effective des différentes forces politiques constitueront des indicateurs déterminants de sa crédibilité et de son impact.

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