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RDC : Jean-Pierre Lihau annonce une nouvelle politique salariale pour réduire les inégalités dans la Fonction publique

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-07 09:25:11 5 min de lecture
Ministre

La réforme de la rémunération des agents de l’État entre dans une nouvelle phase en République démocratique du Congo. Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, Jean-Pierre Lihau Ebua, a procédé, ce vendredi 6 novembre 2026, à l’ouverture des travaux de la commission paritaire gouvernement-banc syndical à Kinshasa.

Prévus sur deux jours, du 6 au 7 novembre, ces travaux portent sur l’examen des recommandations formulées par les experts du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, ainsi que sur les différentes contributions et propositions d’amendements devant permettre l’élaboration d’une nouvelle politique salariale pour l’administration publique congolaise.

Dans son allocution, Jean-Pierre Lihau a présenté cette réforme comme une étape importante dans la recherche de la justice sociale au sein des services publics. Il a notamment annoncé que le projet de décret relatif à cette politique salariale devait être présenté au Conseil des ministres ce vendredi.

Selon le vice-Premier ministre, cette nouvelle politique ne se limitera pas à l'établissement d'une simple grille barémique. Elle devra définir un ensemble de principes destinés à encadrer la répartition des rémunérations sur l'ensemble du territoire national.

« Nous sommes en train d'aller vers une nouvelle ère. Nous sommes en train de faire naître l'espérance dans le cœur de beaucoup de compatriotes, beaucoup de Congolais qui servent l'État sans une juste rémunération. Le président de la République souhaite que cette page soit tournée », a-t-il déclaré.

Au cœur de cette réforme figure la volonté de corriger les inégalités de rémunération entre les différentes administrations publiques, mais également entre les agents travaillant à Kinshasa et ceux affectés dans les provinces.

Jean-Pierre Lihau entend notamment mettre fin aux écarts de traitement qu'il juge injustifiés entre les différentes catégories de fonctionnaires et les corps de l'État.

La future politique salariale devrait également établir une meilleure correspondance entre les grades des différents régimes administratifs, notamment les régimes civil et militaire, afin de garantir davantage de cohérence dans la rémunération des agents publics.

« Il ne s'agira plus d'aller de réformette en réformette. Il va s'agir maintenant d'avoir une politique qui va définir clairement la politique salariale avec le droit de chacun, avec la correspondance des grades entre régimes », a insisté le membre du gouvernement.

Du côté des organisations syndicales, cette initiative est accueillie favorablement. Le premier vice-président de l'Intersyndicale nationale de l'administration publique (INAP), Bienvenu Mulenda, a salué l'engagement du gouvernement à mettre en place une politique salariale susceptible de corriger les déséquilibres observés dans les rémunérations des agents de carrière des services publics de l'État.

Pour lui, cette réforme représente une opportunité de réduire les écarts injustifiés entre les administrations, notamment en ce qui concerne les salaires et les primes.

Il a également souligné la nécessité d'apporter des réponses à la situation des agents non payés, une problématique qui continue de préoccuper de nombreux travailleurs du secteur public.

L'INAP affirme par ailleurs sa disponibilité à participer activement aux commissions annoncées par le gouvernement, afin de formuler des propositions tenant compte des préoccupations et des revendications des agents de l'État.

Parallèlement à la réforme salariale, le vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau a annoncé une autre mesure visant à améliorer la gouvernance de l'administration publique : l'instauration d'un concours obligatoire avant tout recrutement dans les services publics.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des dénonciations de pratiques présumées de népotisme et de favoritisme dans certains processus de recrutement.

À travers cette mesure, le gouvernement entend promouvoir la méritocratie, garantir l'égalité des chances entre les candidats et renforcer la transparence dans l'accès aux emplois publics.

La nouvelle politique salariale constitue un chantier important pour l'administration congolaise, confrontée depuis plusieurs années aux revendications liées aux rémunérations, aux primes, aux disparités de traitement et à la situation des agents non payés.

Si les travaux de la commission paritaire doivent permettre de dégager des orientations communes entre le gouvernement et les syndicats, leur véritable portée dépendra de la concrétisation des engagements annoncés et de leur application effective dans les différentes administrations du pays.

Pour les millions de Congolais concernés directement ou indirectement par le fonctionnement des services publics, l'enjeu dépasse la seule question des salaires : il s'agit également de renforcer l'efficacité de l'État, de restaurer la confiance des fonctionnaires et de construire une administration plus équitable, transparente et performante.

Muberwa Athanase

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