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Sécurité

Fizi : plus de 41 000 personnes déplacées, la société civile alerte sur l’urgence humanitaire dans les Hauts et Moyens Plateaux

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-24 00:05:04 4 min de lecture
one fizi

La situation humanitaire demeure préoccupante dans les Hauts et Moyens Plateaux du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, où la reprise des affrontements entre groupes armés continue de perturber la vie des populations civiles. Dans une correspondance consacrée aux « effets de la guerre dans les hauts et moyens plateaux de Fizi », la société civile locale alerte sur la dégradation des conditions de vie dans plusieurs villages.

Selon cette structure citoyenne, les violences affectent notamment Kanguli, Nakihele, Kilumbi, Point Zéro, Rugezi, Minembwe et Mukoko. Les combats ont entraîné des déplacements massifs de populations et paralysé plusieurs activités essentielles, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du commerce et de l’assistance humanitaire.

La société civile de Fizi fait état de 41 952 personnes déplacées, regroupées au sein de 8 618 ménages, vivant dans des conditions qu’elle qualifie d’extrême vulnérabilité. Ces familles seraient confrontées à un accès limité, voire inexistant selon les zones, à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé primaires, aux abris et aux moyens de communication. Ces chiffres sont également repris dans une alerte humanitaire enregistrée en septembre, qui situe les déplacements entre juillet et septembre 2026.

L’éducation figure parmi les secteurs lourdement affectés. Dans certaines localités, la rentrée scolaire 2026-2027 n'a pas pu se dérouler normalement en raison de l'insécurité et des déplacements. L'administrateur du territoire de Fizi avait déjà signalé début septembre que des milliers d'enfants déplacés peinaient à reprendre les cours, alors que plusieurs établissements avaient été endommagés ou détruits au cours des affrontements.

Le secteur de la santé est lui aussi perturbé. À Nakihele, les activités médicales avaient été délocalisées pendant plusieurs mois en raison des combats. Elles ont repris timidement début septembre après une période d'accalmie, alors qu'une partie de la population déplacée vers Kilumbi commençait à regagner la localité.

La société civile dénonce également la suspension de certaines activités humanitaires en raison de l'insécurité croissante. Elle estime que cette situation prive davantage les populations déplacées d'une assistance indispensable, alors que les besoins continuent d'augmenter.

Sur le plan sécuritaire, les affrontements opposent, selon les sources locales, les forces gouvernementales et leurs alliés, notamment les FARDC, les Wazalendo et des forces burundaises, à l'AFC/M23-Twirwaneho. Ces violences ont provoqué de nouveaux mouvements de population dans plusieurs villages du territoire. Début septembre, des habitants de Kanguli, Masunga et Nakihele avaient notamment fui vers des localités voisines à la suite de nouveaux affrontements et de tirs d'armes lourdes.

Cette situation intervient alors qu'un mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu avait effectué une mission à Minembwe en août. Cette mission, soutenue logistiquement par la MONUSCO, avait pour objectif de vérifier et documenter sur le terrain les éventuelles violations du cessez-le-feu conclu dans le cadre du processus de Doha entre Kinshasa et l'AFC/M23.

Pour la société civile de Fizi, la persistance des combats malgré les initiatives de vérification illustre la fragilité du cessez-le-feu et l'urgence d'une action visant à protéger les civils. Elle appelle les différentes parties au conflit à respecter les engagements et instruments juridiques déjà signés et à privilégier le règlement pacifique des différends.

À travers son plaidoyer, la structure demande également à la communauté internationale et aux partenaires humanitaires de ne pas rester indifférents face à la détérioration de la situation. Elle plaide pour le rétablissement de l'accès humanitaire, la protection des populations civiles et la reprise des services essentiels, notamment l'éducation et les soins de santé.

Dans les Hauts et Moyens Plateaux de Fizi, les déplacements répétés, la fermeture ou la perturbation des écoles, l'interruption des soins et la suspension des activités économiques témoignent ainsi du lourd tribut payé par les populations civiles à la poursuite des affrontements.

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