ONU : Macron appelle à refuser la fatalité des guerres et cite Bukavu parmi les foyers de crise
Le président français Emmanuel Macron a appelé, mardi 22 septembre 2026, la communauté internationale à ne pas considérer la multiplication des conflits comme une fatalité. À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York, il a défendu le multilatéralisme, le respect du droit international et la recherche de solutions collectives aux crises qui secouent notamment l’Ukraine, le Moyen-Orient et plusieurs régions d’Afrique.
« Ne cédons pas à une forme de fatalité face à la guerre et au malheur des peuples. Nous devons nous réengager pour trouver des solutions concrètes et bâtir la paix », a déclaré Emmanuel Macron, estimant que le droit international demeure un cadre destiné à empêcher que la force ne devienne l’unique moyen de régler les différends entre États.
Le chef de l’État français a également mis en garde contre ce qu’il a présenté comme le risque d’un « nouvel âge de la barbarie », en référence aux violations du droit international humanitaire et aux attaques contre les infrastructures civiles dans différents théâtres de conflit.
Dans cette énumération, Emmanuel Macron a notamment cité Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, aux côtés de Dnipro, Gaza et El Fasher. Cette référence place une nouvelle fois la situation sécuritaire dans l’Est congolais dans le débat diplomatique international.
« Aucun d'entre nous ne peut vouloir être celui qui démantèle le cadre protecteur des conventions de Genève », a insisté le président français, annonçant que la France poursuivrait ses efforts en faveur de l’initiative internationale destinée à renforcer le respect du droit international humanitaire. Selon Macron, cette initiative rassemble déjà plus de 116 États.
Au-delà du constat sur la persistance des conflits, le président français a plaidé pour une mobilisation accrue des institutions africaines dans la prévention et la gestion des crises sur le continent. Il a notamment évoqué le rôle de l’Union africaine et des organisations régionales dans les opérations de paix et de sécurité.
Cette position s’inscrit dans le prolongement du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi en mai 2026 avec la participation de dirigeants africains et de la France. La déclaration finale de Nairobi réaffirme notamment l’importance d’un ordre international fondé sur la Charte des Nations unies et établit un lien étroit entre paix, sécurité et développement.
Emmanuel Macron a également annoncé la tenue, à Paris en novembre, d’une réunion consacrée à la reconstitution du Fonds de paix de l’Union africaine, en marge du Forum de Paris sur la paix. Il a appelé les partenaires et contributeurs potentiels à prendre des engagements « forts et concrets ».
La France affirme ainsi vouloir soutenir davantage les capacités africaines en matière de prévention des conflits et de maintien de la paix. À Addis-Abeba, Macron avait déjà indiqué que Paris était disposé à accompagner les efforts de l’Union africaine, notamment dans la formation et la planification des opérations de paix.
Pour la République démocratique du Congo, les propos du président français interviennent alors que les initiatives diplomatiques visant à réduire les tensions dans l’Est du pays se poursuivent. Les processus engagés autour de Kinshasa, Kigali et de l’AFC/M23 restent confrontés à la persistance des violences et aux divergences sur la mise en œuvre des engagements annoncés.
En citant Bukavu depuis la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron a donc inscrit la crise dans l’Est de la RDC parmi les situations auxquelles la communauté internationale doit continuer d’apporter une réponse fondée sur le droit international humanitaire, la protection des civils et la recherche d’une solution politique durable.
La 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies se déroule du 22 au 28 septembre 2026 autour du thème : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une ONU qui agit pour tous ».