Journée internationale de la paix : nous, Congolais, devons commencer par nous-mêmes
Chaque 21 septembre, le monde célèbre la Journée internationale de la paix. Pour la République démocratique du Congo, cette journée prend une résonance particulière. Depuis plusieurs décennies, le pays est confronté à des conflits armés, à des violences communautaires, à des déplacements de populations et à de profondes divisions qui continuent d’affecter des millions de personnes.
Face à cette réalité, les regards se tournent souvent vers les autorités, les groupes armés, les pays voisins ou la communauté internationale. Pourtant, la construction de la paix ne peut pas dépendre uniquement des négociations politiques, des accords de cessez-le-feu ou des initiatives diplomatiques. Elle commence également au sein de la société congolaise.
Dans nos quartiers, nos villages, nos familles et sur les réseaux sociaux, chacun peut contribuer à apaiser ou à aggraver les tensions. Une parole de haine peut nourrir la méfiance. Une rumeur peut provoquer la peur. Une publication irresponsable peut accentuer les divisions. Mais une parole de dialogue, un geste de solidarité ou un refus de stigmatiser l’autre peut aussi contribuer à rapprocher les communautés.
La diversité de la République démocratique du Congo ne devrait pas être une source de division. Nos différences d’origines, de langues, de cultures, de régions ou de communautés font partie de la réalité congolaise. Elles ne devraient jamais devenir un prétexte à la haine, à la discrimination ou à la violence.
Avant de juger l’autre, une question mérite d’être posée : « Et si j’étais à sa place ? »
Se mettre à la place de l’autre ne signifie pas accepter l’injustice ou fermer les yeux sur les violences. Cela signifie chercher à comprendre avant de condamner, privilégier le dialogue lorsque cela est possible et refuser de transformer nos différences en affrontements.
La paix que nous souhaitons pour la RDC doit donc aussi devenir une responsabilité citoyenne. Elle commence par le respect de l’autre, la tolérance, l’écoute, le pardon et le refus des discours qui opposent les Congolais entre eux.
Mais aujourd’hui, il ne suffit plus de parler de paix. Il faut agir pour elle.
À chaque Congolais, où qu’il se trouve, le choix est possible : refuser de partager une rumeur susceptible d’attiser la haine, dénoncer les discours de violence, protéger la dignité de ceux qui sont différents de nous, privilégier le dialogue dans nos communautés et transmettre aux jeunes une culture de respect et de coexistence.
Aux parents, aux enseignants, aux responsables communautaires, aux journalistes, aux jeunes, aux leaders religieux, aux acteurs politiques et à chaque citoyen : faisons de la paix un engagement quotidien.
Ne relayons pas la haine. Ne stigmatisons pas une communauté. Ne transformons pas nos différences en frontières. Écoutons-nous, parlons-nous et cherchons des solutions ensemble.
Les autorités ont la responsabilité de protéger les citoyens et de garantir leurs droits. Les acteurs politiques ont le devoir de privilégier les solutions pacifiques. Les médias doivent contribuer à une information responsable. Mais chaque citoyen peut, à son niveau, devenir un acteur de paix.
En cette Journée internationale de la paix, le message est simple : nous ne pouvons pas demander au monde de nous donner une paix que nous refusons de construire entre nous.
La paix durable en République démocratique du Congo ne sera pas seulement le résultat d’un accord signé autour d’une table. Elle devra aussi se construire dans nos comportements, nos communautés et notre capacité à reconnaître l’autre comme un compatriote, malgré nos différences.
Aujourd’hui, faisons un choix : une parole qui rassemble plutôt qu’une parole qui divise, le dialogue plutôt que la haine, la solidarité plutôt que le rejet.
Nous sommes les premiers acteurs de la paix que nous voulons voir en RDC. Pour changer notre pays, pour changer notre société, commençons par nous.