Aller au contenu principal
Muberwa Media
Société

Sud-Kivu : à Fizi, des milliers d'enfants déplacés menacés d'abandon scolaire, l'administrateur du territoire lance un appel urgent

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-09-06 17:57:32 4 min de lecture
fizi

Alors que l'année scolaire 2026-2027 a été officiellement lancée le 1er septembre sur l'ensemble du territoire national, des milliers d'enfants déplacés internes risquent de rester en marge du système éducatif dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Face à cette situation préoccupante, l'administrateur du territoire, Sammy Kalonji Badibanga, appelle les autorités et les partenaires humanitaires à une intervention urgente en faveur des familles affectées par les violences.

Depuis plusieurs mois, les affrontements armés se sont intensifiés dans les hauts et moyens plateaux des territoires de Fizi, Uvira ainsi que dans le secteur d'Itombwe, en territoire de Mwenga. Cette dégradation de la situation sécuritaire a entraîné des déplacements massifs de populations, contraignant des milliers de familles à trouver refuge dans des camps de fortune ou auprès de familles d'accueil.

Pour les autorités territoriales, la reprise des cours risque d'exclure une grande partie des enfants déplacés, déjà fragilisés par les conséquences du conflit.

« Plusieurs enfants déplacés qui ont fui les villages auront des difficultés à regagner l'école. Les parents sont démunis, les écoles sont détruites par des bombes et des drones kamikazes. Ces enfants, très fragiles, sont abandonnés à leur triste sort et quelques-uns risqueraient d'être enrôlés de force par certains seigneurs de guerre dans leurs mouvements », a alerté Sammy Kalonji Badibanga.

Au-delà de la destruction des infrastructures scolaires, les difficultés économiques des ménages déplacés constituent un obstacle majeur au retour des élèves sur les bancs de l'école. De nombreuses familles ont perdu leurs biens et leurs moyens de subsistance, rendant difficile la prise en charge des frais liés à la scolarisation.

Cette crise n'est pas sans précédent. Lors de l'année scolaire écoulée, les examens certificatifs avaient déjà été perturbés dans plusieurs localités de la région, certaines épreuves ayant été organisées avec un ou deux jours de retard en raison des affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l'AFC/M23.

Face à cette urgence humanitaire, l'administrateur de Fizi plaide pour une mobilisation rapide des autorités provinciales, du gouvernement central ainsi que des organisations humanitaires afin d'assurer la protection et la prise en charge des enfants déplacés.

« Le territoire de Fizi insiste sur la prise en charge de tous ces enfants et sur une assistance conséquente à ces déplacés internes. Nous lançons un grand appel aux autorités provinciales et nationales afin d'assister tous ces déplacés internes qui vivent dans les familles d'accueil et dans les sites de circonstance, notamment les camps de Malicha ainsi que dans les hauts et moyens plateaux », a-t-il déclaré.

La situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans plusieurs localités du territoire de Fizi, notamment aux alentours de Minembwe, ainsi que dans les villages de Kashongo et d'autres agglomérations où les affrontements se poursuivent de manière récurrente. Ces violences continuent d'alimenter les déplacements de populations et d'aggraver les besoins humanitaires.

À l'heure où les écoles rouvrent leurs portes à travers le pays, les autorités locales redoutent qu'une génération entière d'enfants ne soit privée de son droit fondamental à l'éducation. Elles estiment qu'une réponse rapide des pouvoirs publics et des partenaires humanitaires est indispensable pour éviter que la crise sécuritaire ne se transforme en une crise éducative durable, avec des conséquences profondes sur l'avenir de milliers d'enfants du Sud-Kivu.

Partager

Commentaires (0)

Les commentaires sont modérés avant publication.

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Dans la même catégorie