RDC–Congo : Tshisekedi et Sassou-Nguesso privilégient l’apaisement après l’incident de Makotipoko
La République démocratique du Congo et la République du Congo veulent tourner la page de l’incident survenu récemment à Makotipoko, localité située sur le territoire congolais, à proximité de Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe.
Le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est entretenu samedi 3 octobre 2026 à Brazzaville avec son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso. Au centre de leurs échanges : les relations bilatérales entre les deux pays, mais également les conséquences de l’incident ayant impliqué des éléments des forces armées des deux États.
La rencontre intervient dans un contexte où Kinshasa et Brazzaville cherchent à éviter que cet épisode ne fragilise leurs relations historiques, marquées par des liens culturels, familiaux et économiques étroits de part et d’autre du fleuve Congo.
À l’issue des échanges, les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de préserver les relations fraternelles et de bon voisinage qui unissent les populations des deux Congo.
Félix Tshisekedi a notamment appelé à l’apaisement, insistant sur les liens historiques et culturels qui rapprochent les deux peuples.
« J'ai emmené dans ma suite les ministres de l'Intérieur et de la Défense pour qu'ils voient ensemble comment éviter à l'avenir ce genre de dérapages. Nous sommes un même peuple, nous avons la même culture. Nous sommes appelés à vivre ensemble », a déclaré le président congolais.
La présence à Brazzaville des ministres chargés de l’Intérieur et de la Défense traduit la volonté de Kinshasa de donner une dimension concrète aux discussions sécuritaires. L’objectif affiché est de renforcer la coordination entre les deux pays afin d’éviter que des incidents impliquant leurs forces de sécurité ne dégénèrent en crise diplomatique.
Le chef de l’État congolais a également annoncé son intention de rencontrer prochainement les personnes affectées par l’incident. Il a évoqué la mise en place d’une procédure visant à permettre leur indemnisation.
Cette annonce intervient alors que les autorités des deux pays cherchent à établir les circonstances exactes des événements de Makotipoko et à éviter que les tensions locales ne se transforment en contentieux entre Kinshasa et Brazzaville.
Au-delà de cet incident, les deux présidents ont également abordé la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, région toujours confrontée à une grave crise liée aux conflits armés et aux déplacements de populations.
Sur ce dossier, Félix Tshisekedi et Denis Sassou-Nguesso ont insisté sur la nécessité du respect strict des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington, considérés comme un élément important des efforts diplomatiques visant à contribuer à la stabilisation de la région.
La rencontre de Brazzaville intervient ainsi sur deux fronts : la gestion immédiate d’un incident susceptible d’alimenter les tensions entre les deux capitales et la nécessité de maintenir une coordination régionale face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Pour Kinshasa et Brazzaville, le message politique est clair : les divergences ou incidents à la frontière ne doivent pas remettre en cause les liens qui unissent les deux pays.
Reste désormais à traduire cette volonté d’apaisement en mécanismes concrets de prévention, de communication entre les forces de sécurité et de règlement rapide des incidents frontaliers. Car au-delà des déclarations présidentielles, la stabilité entre les deux Congo dépendra de la capacité des autorités à empêcher qu’un incident local ne devienne une crise entre deux États voisins liés par une histoire et une culture communes.