RDC : Félix Tshisekedi mobilise l’Union sacrée avant le dialogue national et durcit le ton contre Joseph Kabila
Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réuni, samedi 25 octobre, les députés et sénateurs de l’Union sacrée de la nation, sa plateforme politique, afin de les mobiliser à l’approche du dialogue national et de répondre à leurs préoccupations. Cette rencontre intervient deux semaines après l’entrée officielle de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme issu de la dynamique politico-militaire de l’AFC/M23.
Selon des informations rapportées par des sources proches de la rencontre, le chef de l’État a assuré que la situation restait sous contrôle sur les plans politique, sécuritaire et institutionnel. Il a exhorté les élus à rassurer leurs électeurs, à préserver la cohésion nationale et à réaffirmer leur attachement à la République, alors que les inquiétudes demeurent importantes face à la crise dans l’est du pays.
Les critiques les plus sévères de Félix Tshisekedi ont visé son prédécesseur. Il a reproché à Joseph Kabila de s'engager dans une dynamique qu'il considère comme hostile au pays qu'il a dirigé pendant dix-huit ans. Selon lui, cette attitude démontrerait que l'ancien président n'a jamais véritablement aimé la République démocratique du Congo.
Le président congolais a également estimé que Joseph Kabila aurait été contraint de sortir de sa réserve sous l'effet de la pression, afin de donner une apparence congolaise à une agression qu'il attribue au Rwanda. Il a soutenu que les sanctions internationales et la pression militaire exercée par Kinshasa avaient considérablement réduit les marges de manœuvre de Kigali. « Pour le peu que j'ai eu à le pratiquer, je peux vous assurer que Joseph Kabila est un peureux », aurait-il déclaré, selon les informations rapportées de la réunion.
Félix Tshisekedi s'en est aussi pris au président rwandais Paul Kagame, qu'il accuse d'avoir longtemps influencé la perception internationale de la RDC à travers une stratégie de communication défavorable à Kinshasa. Il affirme avoir inversé cette tendance et renforcé la capacité du pays à défendre ses intérêts, notamment face aux enjeux liés à l'exploitation de ses ressources naturelles.
Sur le plan militaire, le chef de l'État s'est montré confiant quant à la montée en puissance des Forces armées de la RDC (FARDC), affirmant avoir repris en main l'appareil sécuritaire. Cette assurance intervient toutefois dans un contexte où les violences armées et les difficultés de contrôle territorial continuent de représenter un défi majeur pour les autorités congolaises.
Concernant le dialogue national annoncé, Félix Tshisekedi a demandé aux parlementaires de sa majorité d'en expliquer les objectifs à la population. Il a insisté sur le fait que cette initiative ne viserait pas à prolonger son maintien au pouvoir, mais à rétablir une certaine normalité institutionnelle et à favoriser une paix durable.
D'après une source présente à la rencontre, le président aurait également évoqué la Constitution et la question de son éventuelle révision. « Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c'est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m'arrête là », aurait-il déclaré. Ces propos, rapportés par une source et non confirmés par une déclaration officielle reproduite ici, interviennent alors que les débats sur les institutions et les perspectives politiques de 2028 restent particulièrement sensibles.
Le chef de l'État aurait enfin annoncé la nomination, dès la semaine prochaine, des responsables chargés de piloter le dialogue, notamment les coordinations nationale et provinciales ainsi que les superviseurs dans les provinces. Deux cofacilitateurs de l'Union africaine, un homme et une femme, devraient accompagner les travaux.
Alors que Kinshasa cherche à mobiliser sa majorité autour de cette initiative, les modalités de participation au dialogue, les garanties d'inclusivité et la capacité des discussions à contribuer à une désescalade durable dans l'est du pays constitueront des enjeux déterminants. Au-delà des déclarations politiques, l'attente de la population reste celle de mesures concrètes susceptibles de restaurer la sécurité, de préserver l'unité nationale et de favoriser le retour d'une paix durable en RDC.