Conseil de sécurité de l’ONU : la Grèce prend la présidence, la crise dans l’Est de la RDC reste au cœur des enjeux
La France a achevé, mercredi 30 septembre, sa présidence mensuelle du Conseil de sécurité des Nations unies, laissant officiellement la direction des travaux à la Grèce pour le mois d’octobre. Cette rotation, prévue par le règlement du Conseil, s’effectue selon l’ordre alphabétique anglais des quinze membres de l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Après la France en septembre, la Grèce assure donc la présidence du Conseil durant tout le mois d’octobre. La diplomate grecque Aglaia Balta représente son pays à la tête des travaux du Conseil pendant cette période.
La fin de la présidence française a notamment été marquée par une séance consacrée à la situation en République démocratique du Congo. Les membres du Conseil ont entendu James Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la RDC et chef de la MONUSCO, ainsi qu’une représentante de la société civile du Sud-Kivu.
Au centre des discussions figurait notamment la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), l’un des dossiers sécuritaires les plus sensibles dans les relations entre Kinshasa et Kigali.
James Swan a indiqué que, dans le cadre du processus de Washington, le gouvernement congolais avait annoncé en juillet la mise en place d’un processus volontaire de désarmement et de cantonnement des FDLR devant se dérouler sur l’année à venir. La MONUSCO a également indiqué travailler avec les autorités congolaises afin d’examiner les modalités d’un éventuel appui, dans les limites de son mandat et de ses ressources.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte diplomatique plus large, marqué par les processus de Washington, de Doha et les efforts conduits sous l’égide de l’Union africaine. James Swan a souligné devant le Conseil que ces démarches diplomatiques se poursuivaient alors que la situation sécuritaire demeurait préoccupante dans l’est du pays.
La question des FDLR reste étroitement liée aux exigences sécuritaires formulées dans les différents cadres de règlement de la crise congolaise. Kinshasa considère le désarmement de ce groupe comme un élément important de la réponse aux préoccupations sécuritaires exprimées par Kigali.
Le débat intervient également dans le cadre de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février 2025, qui avait appelé notamment à la cessation des hostilités, au retrait du M23 des territoires occupés et à la fin de tout soutien extérieur au mouvement. Cette résolution constitue depuis lors l’un des principaux cadres de référence des discussions internationales sur la crise dans l’Est de la RDC.
Au-delà de la question des groupes armés, le Conseil de sécurité s’est également intéressé aux mécanismes de vérification du cessez-le-feu. Lors de la séance, les membres du Conseil ont salué l’achèvement de deux premières missions du mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs dans les zones de Minembwe, au Sud-Kivu, et de Masisi, au Nord-Kivu.
Ces missions constituent un élément important du dispositif régional de suivi de la situation sur le terrain. Le Conseil a également reconnu l’assistance apportée par la MONUSCO ainsi que le rôle joué par l’Union africaine, la CIRGL et d’autres partenaires internationaux.
La séance a par ailleurs mis en évidence la gravité persistante de la situation humanitaire. La représentante de la société civile du Sud-Kivu, Néné Bintou Iragi, a notamment décrit devant le Conseil les conséquences de l’insécurité sur les populations vivant dans les zones affectées par le conflit. La Tanzanie, également invitée à participer aux travaux, a pour sa part exprimé sa préoccupation face aux pertes civiles, aux déplacements massifs et à l’augmentation des violences sexuelles et fondées sur le genre.
Pour la MONUSCO, dont le mandat constitue un autre enjeu majeur des discussions internationales, la question de l’accompagnement du processus de paix demeure particulièrement sensible. Le Conseil de sécurité devra notamment poursuivre ses discussions sur le rôle de la mission alors que Kinshasa cherche à obtenir un appui international adapté aux nouvelles réalités sécuritaires du pays.
Le passage de la présidence française à la présidence grecque ne modifie pas, en lui-même, les décisions déjà prises par le Conseil de sécurité. Il intervient toutefois à un moment où la situation en RDC reste inscrite parmi les dossiers importants de l’agenda international.
Pour le mois d’octobre, la Grèce devra ainsi conduire les travaux d’un Conseil confronté à plusieurs crises internationales, tout en assurant le suivi des dossiers africains, notamment celui de la République démocratique du Congo. Le programme provisoire du Conseil prévoit d’ailleurs plusieurs réunions consacrées à la paix et à la sécurité en Afrique ainsi qu’au mandat de la MONUSCO.
Dans l’Est de la RDC, l’enjeu dépasse désormais la seule tenue de nouvelles réunions diplomatiques. Il porte sur la capacité des différents mécanismes — Nations unies, Union africaine, CIRGL et processus de Washington et de Doha — à traduire les engagements politiques en mesures vérifiables sur le terrain.
La succession à la présidence du Conseil de sécurité rappelle ainsi une réalité institutionnelle : chaque mois, le fauteuil change de titulaire, mais les crises inscrites à l’ordre du jour demeurent. Pour la RDC, la question centrale reste celle de la transformation des engagements internationaux en avancées concrètes pour la sécurité des populations, la cessation des hostilités et la restauration d’une paix durable dans l’Est du pays.