Est de la RDC : quand la guerre entre dans les églises
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la guerre bouleverse profondément la vie des populations civiles et atteint jusqu’aux lieux de culte. À Goma, Bukavu, Uvira, Fizi et Mwenga, les déplacements, les affrontements et l’insécurité perturbent les activités religieuses, scolaires et familiales.
Les églises, qui devraient être des lieux de prière, sont parfois devenues des refuges pour les déplacés et des espaces de solidarité. Certaines ont également été endommagées, pillées ou abandonnées dans les zones touchées par les combats. À Uvira notamment, des organisations de défense des droits humains ont documenté des violences contre des civils et des atteintes visant certains lieux religieux.
Dans les Hauts Plateaux de Fizi et de Mwenga, les combats continuent de provoquer des déplacements et de perturber l'accès aux services essentiels. Les FARDC annoncent régulièrement des opérations et des reprises de positions, tout en appelant les populations au calme. Ces déclarations militaires doivent toutefois être distinguées des informations vérifiées indépendamment.
La guerre affecte également fortement les enfants, dont la scolarité est interrompue, ainsi que les femmes, particulièrement exposées aux déplacements, à la pauvreté et aux violences sexuelles.
Face à cette situation, les Églises jouent un rôle important dans l'accueil des déplacés, l'accompagnement des victimes, la solidarité et le dialogue communautaire. Mais leurs capacités restent limitées face à l'ampleur de la crise.
Au-delà des combats, le conflit fragilise donc le tissu social. Dans l'Est de la RDC, restaurer la paix signifie non seulement faire taire les armes, mais aussi permettre aux familles de rentrer chez elles, aux enfants de retourner à l'école et aux communautés de retrouver leurs lieux de prière et leur confiance.