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Sécurité

RDC : le BCN-Interpol et la CNC-ALPC renforcent leur coopération contre le trafic d’armes

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-05 03:57:22 4 min de lecture
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La République démocratique du Congo renforce son dispositif de contrôle des armes légères et de petit calibre. Le Bureau central national Interpol-RDC et la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre ont signé, mardi 6 octobre 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération contre la prolifération et la circulation illicite des armes.

La cérémonie s’est déroulée sous la supervision du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango. Le ministre était représenté par son directeur de cabinet adjoint, Élie Nkumbi, qui a présidé la cérémonie.

Au cœur du protocole figure la volonté de renforcer la maîtrise du cycle de vie des armes, depuis leur fabrication jusqu’à leur stockage et leurs mouvements à travers les frontières. L’accord prévoit notamment une meilleure circulation des informations sur l’origine des armes, leur année et leur pays de fabrication, ainsi que sur leurs flux d’importation et d’exportation.

Cette approche doit permettre aux services concernés de disposer de davantage d’éléments pour identifier et retracer les armes saisies ou retrouvées en circulation. Elle vise également à améliorer la connaissance des conditions dans lesquelles ces armes sont stockées et transférées.

L’autre volet important du partenariat concerne la lutte contre les circuits d’approvisionnement illicites. Le BCN-Interpol et la CNC-ALPC entendent renforcer leur collaboration afin d’identifier les réseaux impliqués dans le trafic d’armes et de contribuer à leur démantèlement.

Des informations publiées à l’issue de la cérémonie indiquent également que la CNC-ALPC doit bénéficier d’un accès au système d’information d’Interpol consacré aux armes à feu et aux armes illicites, connu sous le nom d’iARMS. Cet outil est présenté comme un mécanisme destiné à faciliter l’identification et la traçabilité des armes dans le cadre de la coopération policière internationale.

Pour les autorités congolaises, l’enjeu dépasse le seul contrôle administratif des armes. La circulation clandestine des armes légères et de petit calibre est considérée comme l’un des facteurs susceptibles d’alimenter la violence armée et de compliquer les efforts de stabilisation du pays. La CNC-ALPC rappelle elle-même que la disponibilité et la prolifération incontrôlée de ces armes ont contribué aux conflits, aux déplacements de populations et à l’instabilité en RDC.

Lors de la cérémonie, le représentant du ministre de l’Intérieur a appelé à une mobilisation des différents services concernés, notamment la Police nationale congolaise, les services judiciaires et les administrations partenaires. La coopération avec les partenaires internationaux est également considérée comme nécessaire pour renforcer les capacités de contrôle et de traçabilité.

Cette nouvelle collaboration intervient par ailleurs dans le cadre d’efforts plus larges engagés par les autorités congolaises autour du contrôle des armes et du désarmement civil volontaire. La CNC-ALPC a notamment lancé en septembre 2026 une campagne nationale invitant les détenteurs d’armes à remettre volontairement leurs armes aux autorités.

Le défi sera désormais de transformer le protocole signé à Kinshasa en mécanismes opérationnels capables de suivre les armes, d'identifier leurs circuits de circulation et de faciliter les enquêtes sur les réseaux de trafic.

Dans un pays confronté depuis plusieurs décennies à des violences armées dans plusieurs régions, le renforcement de la traçabilité constitue ainsi un volet important de la politique de contrôle des armes. Son efficacité dépendra toutefois de la coordination entre les institutions nationales, de la qualité du partage d’informations et de la capacité des services compétents à exploiter ces données dans les enquêtes et les procédures judiciaires.

Par Muberwa Athanase

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