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RDC-Ouganda : à Entebbe, Kinshasa cherche l’appui de Museveni pour faire avancer le processus de paix

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-05 02:31:20 4 min de lecture
uganda

La diplomatie congolaise poursuit ses consultations régionales pour tenter de donner une nouvelle impulsion au processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo. Lundi 5 octobre 2026, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a été reçu à huis clos par le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni au palais présidentiel d’Entebbe.

Dépêché par le président Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni était porteur d’un message du chef de l’État congolais consacré aux prochaines étapes du processus de paix. Il était accompagné de Sumbu Sita Mambu, Haut représentant du président de la République.

Selon la cellule de communication du ministère congolais de l’Intégration régionale, les discussions ont notamment porté sur les avancées enregistrées depuis la publication, en juillet 2026, du protocole relatif à la reddition volontaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR.

Ce protocole s’inscrit dans le cadre de l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine. Pour Kinshasa, sa mise en œuvre constitue un élément important de la stratégie visant à répondre aux préoccupations sécuritaires qui alimentent depuis des années les tensions entre les deux pays et plus largement dans la région des Grands Lacs.

Lors de son entretien avec Museveni, Floribert Anzuluni a présenté la feuille de route des prochaines étapes prévues pour l’application de ce protocole. Les détails des échanges à huis clos n’ont pas été rendus publics.

Le choix de l’Ouganda n’est pas anodin. Puissance militaire et politique majeure de la région des Grands Lacs, Kampala reste un acteur incontournable des équilibres sécuritaires dans l’est congolais. L’Ouganda est notamment engagé depuis plusieurs années aux côtés des forces congolaises dans des opérations contre les combattants des Forces démocratiques alliées, les ADF, dans le nord-est de la RDC.

Cette position place Museveni au cœur des équations sécuritaires régionales, alors que Kinshasa tente de faire converger plusieurs initiatives diplomatiques destinées à mettre fin à des décennies d’instabilité dans l’est du pays.

La rencontre d’Entebbe intervient également dans une période où plusieurs mécanismes de médiation et de négociation avancent parallèlement. Les discussions entre Kinshasa et Kigali, les initiatives américaines ainsi que les efforts africains cherchent à établir un cadre permettant de réduire les tensions, de traiter la question des groupes armés et de créer les conditions d’un désengagement militaire durable.

Pour Kinshasa, l’un des défis consiste désormais à passer des engagements politiques à leur application concrète. La question de la reddition volontaire des FDLR, comme celle du désengagement des forces et des garanties sécuritaires, nécessite des mécanismes de vérification et une coordination étroite entre les différents acteurs régionaux.

À Entebbe, le message porté par Floribert Anzuluni s’inscrit donc dans une diplomatie de proximité destinée à maintenir les capitales de la région autour d’une même feuille de route.

Mais dans l’est de la RDC, la crédibilité de ce processus ne se mesurera pas uniquement dans les palais présidentiels. Elle dépendra surtout de la capacité des parties à respecter leurs engagements, à réduire les activités des groupes armés et à restaurer progressivement la sécurité des populations.

Pour Félix Tshisekedi, obtenir l’adhésion des principaux acteurs régionaux est essentiel. Pour Museveni, dont le pays partage une longue frontière avec la RDC et joue un rôle militaire direct dans certaines zones congolaises, l’enjeu est également de préserver la stabilité d’une région où les crises sécuritaires débordent régulièrement les frontières.

La rencontre d’Entebbe apparaît ainsi comme une nouvelle pièce du puzzle diplomatique des Grands Lacs. Les consultations se multiplient. Les feuilles de route se précisent. Mais pour les millions de Congolais vivant dans les zones affectées par les conflits, la question reste la même : quand les engagements pris dans les capitales commenceront-ils à produire des résultats visibles sur le terrain ?

Par Muberwa Athanase

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