Aller au contenu principal
Muberwa Media
Sécurité

RDC-Tanzanie : Floribert Anzuluni reçu par Samia Suluhu Hassan pour faire avancer le processus de paix

Muberwa Athanase Mis à jour le 2026-11-03 08:42:56 4 min de lecture
tanzanie

DAR ES SALAAM — La République démocratique du Congo poursuit sa campagne diplomatique auprès de ses partenaires régionaux pour défendre la mise en œuvre de ses engagements en faveur de la paix dans l’Est du pays. Mardi 6 octobre 2026, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a été reçu à Dar es Salaam par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, dans le cadre d’une mission conduite au nom du chef de l’État Félix Tshisekedi.

Accompagné du Haut représentant du chef de l’État, Sumbu Sita Mambuene, le ministre a présenté à la dirigeante tanzanienne les avancées que Kinshasa affirme avoir enregistrées depuis la publication, en juillet dernier, du protocole consacré au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des organisations dites affiliées.

Cette rencontre constitue une nouvelle étape dans une tournée diplomatique menée par Floribert Anzuluni auprès de plusieurs capitales et partenaires de la RDC. Avant Dar es Salaam, l’émissaire congolais s’était notamment rendu à Lomé, Luanda, Brazzaville, Bujumbura et Entebbe.

Au cœur des discussions avec la présidente tanzanienne : les prochaines étapes du processus et la feuille de route destinée à encadrer la mise en œuvre du protocole. Selon la cellule de communication du ministère de l’Intégration régionale, Kinshasa souhaite maintenir la mobilisation de ses partenaires jusqu’à l’aboutissement de cette démarche.

La RDC présente ce processus comme l’un des éléments de mise en œuvre de ses engagements dans le cadre de l’accord de paix conclu avec le Rwanda sous l’égide des États-Unis. Kinshasa cherche également à rassurer ses partenaires régionaux sur sa volonté de poursuivre les engagements pris dans le cadre de cet accord.

À Dar es Salaam, Floribert Anzuluni a salué l’implication de la Tanzanie dans les efforts en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs. Selon son entourage, Kinshasa considère le soutien de la Tanzanie comme important dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC.

Mais derrière cette séquence diplomatique se profile l’une des principales divergences qui continuent de compliquer le processus de paix : la question des FDLR et de leur neutralisation.

L’accord conclu entre Kinshasa et Kigali prévoit notamment la neutralisation des FDLR ainsi que le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Kinshasa a ensuite présenté un protocole consacré au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des combattants des FDLR et des groupes affiliés.

Kigali conteste cette approche. Les autorités rwandaises estiment que le cadre négocié prévoit la neutralisation des FDLR, plutôt que l'établissement d'un mécanisme distinct de désarmement, démobilisation et cantonnement. La RDC défend au contraire le désarmement volontaire comme un moyen de neutraliser durablement le groupe et de réduire l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier son implication militaire en RDC.

Ces divergences interviennent alors que les États-Unis exercent une pression accrue sur les parties pour respecter leurs engagements. Au Conseil de sécurité des Nations unies, Washington a notamment appelé Kinshasa et Kigali à appliquer les dispositions convenues et à surmonter les difficultés qui entravent leur mise en œuvre.

Sur le terrain, cependant, la diplomatie continue de se heurter à la réalité sécuritaire. Les violences dans l’Est de la RDC, les accusations réciproques de violations du cessez-le-feu et les divergences sur les mécanismes de mise en œuvre de l’accord entretiennent une forte incertitude autour du processus.

Pour Kinshasa, la tournée de Floribert Anzuluni vise ainsi à maintenir le dialogue avec les partenaires régionaux et internationaux et à obtenir leur accompagnement dans l’application du protocole sur les FDLR. Pour les acteurs régionaux, l’enjeu dépasse toutefois le seul dossier congolais : il touche directement à la stabilité de l’ensemble de la région des Grands Lacs.

La rencontre de Dar es Salaam intervient donc à un moment où le processus de paix reste fragile. Entre les engagements pris à Washington, les désaccords persistants entre Kinshasa et Kigali et la poursuite des violences dans l’Est congolais, la prochaine phase du processus devra désormais transformer les engagements diplomatiques en mécanismes concrets sur le terrain.

Pour les populations civiles, l’attente reste la même : que les négociations et les accords cessent d’être seulement des textes diplomatiques et débouchent enfin sur une amélioration tangible de la sécurité.

Muberwa Athanase

Partager

Commentaires (0)

Les commentaires sont modérés avant publication.

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.

Dans la même catégorie