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RDC : Martin Fayulu ferme la porte à un rapprochement entre la C64 et « Sauvons la RDC »

Muberwa Média Mis à jour le 2026-09-24 03:00:25 4 min de lecture
fayulu

L’opposant Martin Fayulu a exclu tout rapprochement entre la Coalition Article 64 (C64) et la plateforme « Sauvons la RDC », associée à l’ancien président Joseph Kabila. Il s’est exprimé mercredi 16 septembre lors d’un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, au lendemain de la mobilisation de la C64 contre tout projet de modification de la Constitution.

La question d’une éventuelle convergence entre les deux plateformes a été soulevée par Jonathan Nkoy, qui s’est présenté comme représentant en France du parti Piste de Seth Kikuni, membre de « Sauvons la RDC ». Selon lui, les deux regroupements poursuivent des objectifs similaires, notamment leur opposition à un éventuel changement de Constitution et à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.

Jonathan Nkoy a également évoqué le niveau de mobilisation enregistré lors de la marche du 15 septembre, qu’il a jugé inférieur à celui de la précédente manifestation de la C64. Il a dès lors demandé à Martin Fayulu à quel moment les deux plateformes pourraient envisager de travailler ensemble.

La réponse du leader de l’ECiDé a été catégorique. Martin Fayulu a retourné la question en demandant, en substance, « qui doit se rapprocher de qui ? », avant de justifier son refus par son appréciation du rôle joué par Joseph Kabila dans l’histoire politique récente de la République démocratique du Congo.

Fayulu a rappelé qu’il avait pourtant signé, en avril 2025, un communiqué commun avec Joseph Kabila, Delly Sesanga et Moïse Katumbi. Il a expliqué que cette démarche avait été entreprise, selon lui, « pour le bien du peuple congolais », en insistant sur le fait que ses décisions politiques devaient être guidées par l’intérêt du pays plutôt que par des considérations personnelles.

L’opposant a toutefois estimé que Joseph Kabila et certains de ses proches collaborateurs portent une responsabilité importante dans l’accession de Félix Tshisekedi au pouvoir. Il les a notamment présentés comme les « premiers partenaires » ayant contribué à cette accession, qu’il considère comme « imméritée ».

Cette position marque ainsi une distinction entre une coopération ponctuelle passée et une éventuelle alliance politique actuelle. Malgré les convergences affichées sur la question constitutionnelle, Fayulu ne souhaite pas que la C64 soit intégrée à la plateforme liée à l’ancien chef de l’État.

Au cours de l’échange, le dirigeant de l’ECiDé a résumé son refus par une formule particulièrement imagée : « Demander à la C64 de rejoindre Sauvons la RDC, c’est demander aux gens qui sont au paradis de rejoindre l’enfer. »

Il a ensuite associé cette métaphore à ce qu’il présente comme une proximité de « Sauvons la RDC » avec des zones sous influence de l’AFC/M23. Cette affirmation a été contestée par plusieurs participants se réclamant de la plateforme de Joseph Kabila, qui ont rejeté cette lecture.

L’échange intervient dans un contexte de fortes tensions au sein de l’opposition congolaise. La marche organisée le 15 septembre par la C64 à Kinshasa contre tout projet de changement de Constitution n’a pas atteint son point d’arrivée après des affrontements à Limete et l’intervention des forces de l’ordre. Les protagonistes ont depuis livré des versions divergentes sur les responsabilités dans ces incidents.

Au-delà de la question d’une éventuelle alliance, les échanges mettent en évidence des lignes de fracture persistantes au sein de l’opposition congolaise, malgré certaines convergences sur la défense de l’ordre constitutionnel et le refus d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi.

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