Bukavu : un incendie meurtrier ravage deux écoles et plusieurs habitations à Cimpunda
Un violent incendie a semé la désolation jeudi 10 septembre 2026 dans le quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu, à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Le sinistre a ravagé plusieurs habitations ainsi que les écoles primaires Furaha et Ujamaa, faisant plusieurs victimes parmi les élèves et plongeant la population dans une profonde consternation.
Selon des sources locales et médicales, le feu serait parti d’une habitation voisine avant de se propager rapidement aux bâtiments environnants. Pris au piège par les flammes et la fumée, plusieurs élèves auraient été asphyxiés, certains perdant connaissance sur place. Plusieurs victimes sont mortes avant ou pendant leur évacuation, tandis que d’autres ont été conduites dans différents établissements sanitaires de la ville.
Le bilan demeure provisoire et susceptible d’évoluer. Des sources citées localement font état d’au moins une vingtaine d’élèves décédés et d’une vingtaine d’autres blessés, dont certains ont été pris en charge dans les structures médicales de Bukavu. D’autres sources avancent un bilan plus lourd, évoquant plus de 26 écoliers décédés et plusieurs dizaines de blessés graves. Ces chiffres nécessitent encore d’être consolidés par un bilan officiel.
La violence du sinistre et son impact sur des établissements scolaires ont provoqué une vive émotion dans la classe sociopolitique congolaise, particulièrement parmi les personnalités originaires du Sud-Kivu. Le drame intervient alors que la population de cette province est déjà confrontée aux conséquences sécuritaires et humanitaires de la guerre qui sévit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, député national élu de Bukavu, a exprimé sa profonde douleur après l’annonce du drame. Il a rendu hommage aux enfants disparus et adressé sa compassion aux familles endeuillées, estimant que cette tragédie rappelle une nouvelle fois l’urgence de restaurer durablement la paix dans l’Est du pays.
« Bukavu, aujourd’hui, c’est un morceau de mon cœur qui s’est brisé avec vous », a déclaré Vital Kamerhe, déplorant que des enfants partis à l’école avec leurs cahiers et leurs rêves ne puissent plus regagner leurs familles.
De son côté, l’opposant Moïse Katumbi Chapwe, président de Ensemble pour la République, s’est dit bouleversé par l’incendie. Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et appelé à une prise en charge immédiate des blessés ainsi qu’à des mesures permettant d’éviter la répétition de telles catastrophes.
Le sénateur du Sud-Kivu Bahati Lukwebo a, pour sa part, mis l’accent sur les difficultés d’intervention des services de secours dans certaines zones de Bukavu. Il a notamment évoqué l’absence ou l’insuffisance de voies d’accès permettant aux véhicules anti-incendie d’atteindre rapidement les quartiers touchés. Pour lui, le drame de Cimpunda souligne l’urgence d’une meilleure planification et d’une urbanisation adaptée aux réalités de la ville.
La Première dame de la République, Denise Nyakeru Tshisekedi, a également exprimé sa compassion envers les familles affectées. « En tant que mère, je pense avec émotion à ces enfants partis à l’école ce matin et qui ne rentreront pas auprès de leurs familles », a-t-elle déclaré, partageant la douleur des parents ayant perdu leurs enfants dans cette tragédie.
Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a lui aussi réagi au drame. Originaire du Sud-Kivu, il s’est dit profondément bouleversé par l’incendie ayant détruit des habitations et touché une école dans sa ville natale. Il estime que l’ampleur du bilan provisoire interpelle la gouvernance à différents niveaux et appelle à ne pas banaliser les incendies récurrents qui frappent les populations de Bukavu.
L’ancien gouverneur du Sud-Kivu et député national Théo Ngwabidje Kasi a également présenté ses condoléances aux familles endeuillées, décrivant une tragédie qui frappe une ville déjà lourdement éprouvée. Il a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.
Depuis Bruxelles, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, élu de Walungu, a exprimé sa solidarité avec les habitants de Bukavu. Il a dénoncé une nouvelle épreuve venant s’ajouter aux traumatismes causés par la situation sécuritaire dans la province.
« Bukavu a souffert, Bukavu souffre encore, mais Bukavu restera debout », a-t-il déclaré, appelant la population à ne pas perdre espoir et à renforcer la solidarité face à cette nouvelle tragédie.
Au-delà du bilan humain, l’incendie de Cimpunda relance les interrogations sur la prévention et la gestion des incendies à Bukavu, une ville caractérisée par une forte densité de population, une urbanisation difficile et des voies d’accès parfois étroites ou impraticables pour les services d’urgence.
Alors que les familles pleurent leurs enfants et que les blessés poursuivent leur prise en charge dans les structures sanitaires, les autorités sont désormais confrontées à la nécessité d’établir les circonstances exactes du sinistre, de consolider le bilan des victimes et de renforcer les dispositifs de prévention et d’intervention afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.
L’incendie de Cimpunda restera ainsi comme l’un des drames les plus marquants ayant récemment touché le secteur éducatif à Bukavu, dans une province déjà profondément meurtrie par les violences et les déplacements de populations.